En Russie, savez-vous comment on appelle les "montagnes russes"? Bien entendu, vous l'auriez parié: des "montagnes américaines". Prouvant une fois de plus que les étiquettes "nationales" en ce qui concerne des éléments culturels sont généralement plutôt le reflet de la culture qui donne le nom, que de la culture dont le nom est censé être originaire.
Pendant ce mois de relatif silence, il y a eu l'élection/érection du Napoléon aux valeurs de la Troisième République revue et corrigée par Bill Clinton et ses shorts de jogging, l'Homme qui fait tout en fonction des médias, et a prouvé une fois de plus que les électeurs et électrices sont prêts à tout gober pourvu qu'on leur en mette plein les yeux. Ce qui n'enlève rien, bien sûr, au fait que la gauche, dont Ségolène a quand même sérieusement effacé la tache qu'avait été la non-élection suivie de la débandade jospinienne, doit se poser un certain nombre de questions sur l'efficacité de ses méthodes face au rouleau-compresseur de la droite et à sa mainmise sur les médias.
Mais les questions à se poser ne sont peut-être pas celles qu'on pense, tout comme on peut penser qu'en fin de compte l'élection de Sarkopol ne sera, au regard de l'évolution de la France et de l'Europe, qu'un épiphénomène plus qu'un élément fondamental, n'en déplaise bien sûr à ceux qui partagent avec lui sa vision de lui-même, à savoir qu'il est le Messie que la France attendait. Après tout, n'a-t-il pas quelque part un peu de sang du "peuple élu", lui donnant accès comme par principe à ce rôle messianique qu'il envisage de jouer, en particulier, pour la grande union méditérrannéenne, proposition fort intéressante au démeurant - et que la gauche, par la bouche de Jack Lang aux Quatre Vérités de ce lundi 4 juin, s'est empressée de revendiquer comme ayant été sienne dès l'époque de François Mitterand.
Épiphénomène, parce que le vrai débat, dont Ségolène et sa candidature sont la première manifestation, est désormais celui de la vraie régionalisation dans un contexte européen, et mêm,e extra-européen, élargi. Beaucoup plus que les structures vétustes d'un État national voué peu à peu à l'obsolescence dans sa forme nationale héritée des révolutionnaires de 1793, des napoléoniens de 1801, et de Jules Ferry et de la Troisième République.
Moi, ne jubilant pas à l'érection de Sarkopol, de la brune Albénize, et de leurs blonds enfants - bref, du recyclage de Camelot à la Kennedy, en espérant que celui-ci est un peu moins "fake" que la version originale - je me suis trouvé en Russie pendant 10 jours, physiquement, et depuis j'essaie de mettre de l'ordre dans mes images, réflexions, et souvenirs de cette Fédération fascinante, envoûtante, en pleine transformation, et sur laquelle les média occidentaux nous disent si facilement tant de conneries.
La suite au (très prochain) numéro!
lundi 4 juin 2007
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