mardi 1 mai 2007

Pourquoi Ségolène?

Ségolène Royal m'impressionne. Sera-t-elle à la hauteur du débat, demain soir? Elle a déjà affronté Nicolas Sarkozy, elle le connaît, elle a pu prendre la mesure de l'homme. En quelques semaines, alors qu'on avait peur que sa campagne se délite face au matraquage médiatique dont le candidat de droite a été le grand bénéficiaire (on ne pouvait plus ouvrir un magazine sans tout apprendre sur Sarko secret, Sarko perso, Sarko et Cécilia, du grand et du petit Sarko, de la généalogie des Sarkos, et j'en passe: il y a même eu 'l'enfance d'un chef", ce qui est somme toute inquiétant et pas très sympa pour Sarkozy quand on pense à la nouvelle de Jean-Paul Sartre qui a le même titre). Elle a gardé sa simplicité, son calme, en un mot une élégance de langage et de comportement remarquables. Alors que le FN donne consigne d'abstention, les jeux ne sont pas faits, et il est plus que jamais temps pour tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté de prendre clairement parti. Ce que j'ai fait, en enregistrant un appui vidéo de 90 secondes à Ségolène Royal, dont voici le texte finalL
"Dès le début de la campagne 2007 pour la présidence de la République, j’ai trouvé que Ségolène Royal offrait une autre option dans la vie politique. Elle ne prétendait pas avoir toutes les solutions. Elle parlait simplement de ce qui nous concerne tous. Elle insistait sur deux choses : nous devrons tous et toutes nous impliquer, et, pour transformer une société, il ne faut ni revenir en arrière ni provoquer d’autres cassures.
Dans les années passées, la montée de l’extrême-droite et les incendies de voitures dans les banlieues ont beaucoup nui à l’image de la France. Comme Français de l’étranger je veux conserver et développer pour moi comme pour mes enfants les liens précieux entre la France et le Canada où ma famille vit une réalité francophone de tous les jours. Je veux une image positive, humaniste, de la France. Un président ou une présidente qui ne joue pas avec nos désirs pour une simple satisfaction personnelle. Qui soit conscient de l’importance de la France comme partenaire non seulement en Europe, mais dans la francophonie et dans le monde.
Dans une campagne électorale, on peut être déçu. On choisit un candidat ou une candidate qui, au fil de la campagne, ne correspond plus à vos attentes. Avec Ségolène Royal, c’est tout l’inverse. Depuis le début de la campagne, elle s’affirme de plus en plus comme une véritable présidente, mais sans perdre en route ce qui fait sa force : rester à l’écoute, parler directement et simplement, ne jamais prétendre qu’elle a toutes les solutions.
L’avenir de la France, ce n’est pas Ségolène seule qui va l’assurer. C’est nous tous et toutes, dans des cadres qu’il nous faudra définir ensemble. C’est pour cela que Ségolène Royal, pour moi, c’est vraiment la France Présidente".
Pour écouter la vidéo (au Canada, on met souvent les choses au féminin, ce qui va très bien avec une campagne au féminin!), toute simple mais efficace, j'espère (les petits ruisseaux font les grandes rivières), cadrée et tournée par ma fille, Mélodie Jacquot-Paratte, allez à l'adresse suivante:
http://www.dailymotion.com/paratte/1

On apprend aujourd'hui que la guerre en Irak permet de faire de grands progrès en médecine, dans le traitement des hémorragies en particulier. On sait que la Première Guerre Mondiale (je me suis toujours refusé à dire la "grande" guerre, parce qu'il n'y a rien de "grand" aux guerres) a permis le développement de l'aviation, développement accéléré encore dans la Seconde, et qui permet aujourd'hui la quantité inouïe de vols dont nous disposons alors qu'ils étaient encore chose exceptionnelle dans les années 1950. En d'autres mots: les grandes causes provoquent des changements et des innovations. Sans la campagne de Ségolène Royal, je n'aurais pas développé ce blogue ni le site vidéo sur lequel j'ai installé ma première vidéo (ce qui ne veut pas dire que je n'en ai pas fait d'autres, mais que je n'ai jamais eu l'occasion de prendre le temps de les diffuser).

Cette campagne française oppose deux candidats atypiques, somme toute, au regard de la France - c'est peut-être cela que les xénophobes du FN appellent "bonnet rose et rose bonnet" - des derniers siècles: l'un petit-fils d'un juif, fils d'un immigré, membre d'une "méritocratie" aux dents longues (Sarkozy ne vous fait-il pas penser à Rastignac, dans "Le Père Goriot", avec son "À nous deux, Paris?" - sauf que c'est "À nous deux, Neuilly!" puis "À nous deux, la France!"); l'autre fille atypique d'un trop typique officier de droite lorrain, première femme à être convaincue de pouvoir devenir non seulement ministre et présidente de région (ce n'était déjà pas mal) mais Présidente de la République, replaçant en quelque sorte la tête d'Olympe de Gouges sur ses épaules...

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