vendredi 9 mars 2007

Ah, la tentation Bayrou...

La réchauffement climatique ne nous frappe toujours pas, ici, en Nouvelle-Écosse: -18, -29, -31...de la neige à pelleter...et Télématin qui nous dit que les températures en France sont clémentes, vraiment douces pour la saison, que le printemps est en avance...
Curieusement, l'écologie ne semble plus être au coeur des préoccupations des Français en ces temps d'élection. La "balloune" Hulot a quelque peu perdu de sa prédominance, maintenant que tout le monde est écologiste - ou son contraire - et quant à José Bové, c'est dur de savoir ou il a disparu.
L'autre jour, des étudiants m'ont demandé: alors, qu'est-ce qui arrive à Ségolène? Et c'est vrai que, même si "Ségolène" est un prénom qui a un petit air aristo pour les gens qui connaissent la Lorraine, cela ressemble un peu à un nom de personnage de BD. "Les aventures de Ségolène". N'en déduisez pas que je suggère que Ségolène serait la Bécassine de la politique, ou la Barbarella de la politique. De Bécassine, j'espère qu'elle a le bon sens qui permet toujours de retomber sur ses pieds; de Barbarella, elle pourrait avoir le côté sexy et aventurier, mais cela ne siérait pas à la prétendante au poste de souveraine de la république, alors elle a cet air un peu froid, et ce sourire implacable qui lui permettrait de travailler chez Walt Disney ou il faut sourire tout le temps, et en fait l'héritière de Lecanuet, l'homme qui aurait pu participer à une pub de dentifrice, comme Jimmy Carter d'ailleurs.
Non, Ségolène n'est pas la Bécassine de la politique. Sans doute que, cette année, les candidats à la présidentielle française sont tous des "seconds couteaux": aucun ancien premier ministre dans le lot, aucun "monstre sacré" traînant ses basques ou son jupon dans le Laderneau politique depuis des lustres, façon Chirac qui a finalement, comme Mitterand d'ailleurs, été élu à l'arraché - comme disait The Economist: les Français aiment tester leurs politiciens sur la durée. N'avoir pas accepté ce principe a coûté une présidence 2007 possible à Lionel Jospin. Même Le Pen, le clown des clowns, le fada d'extrême-droite, bénéficie de cet étrange facteur de durée. Pas pour lontgtemps, espérons-le: Monsieur le Baroudeur, votre baroud d'honneur a définitivement sonné. Trois petits tours, et puis...
Restent donc, émergeant comme une nouvelle génération - en politique, on est jeune à 50 ans, alors que partout ailleurs on vous colle en pré-retraite - trois noms, somme toute peu testés. Bayrou, le miraculé des sondages (on vous le disait, que la foi chrétienne pouvait soulever des cotes!); Ségo, la Madonne du nouveau socialisme; et Sarko, le Zorro des révolutions qui ne sont ni ruptures ni révolutions.
La tentation Bayrou est tentante. L'homme a les pieds sur terre. Il sait ce qu'il veut. Il parle clairement. Et il ne donne pas l'impression d'avoir, depuis l'enfance, aiguisé ses couteaux pour éliminer systématiquement, Zarko-style, ceux ou celles qui ne lui plaisent pas.
Bayrou, logiquement, devrait remplacer Zarko sur le podium de la droite. Le peut-il? Qui sait? Mais ce serait bien. Cela poserait les vrais problèmes. Une droite néo-libérale, néo-conservatrice, complètement discréditée, au pouvoir depuis trop longtemps, inefficace depuis trop longtemps. Toutes proportions gardées, Bayrou, c'est le Stephen Harper français. Un conservatisme pragmatique. Il faut qu'il batte Zarko au premier tour! Mais pas Ségo.
Pourquoi? Parce que Ségo est le seul espoir de renouvellement de la gauche. Fabius lessivé, Rocard (que j'aimais personnellement beaucoup) en pré-retraite quelque part au parlement européen, Jospin ruminant son erreur de retrait prématuré et ses rêves pseudo-trostkystes, il reste Strauss-Kahn pour convaincre que les socialistes sont réalistes en matière d'économie (une sorte de Jacques Delors bis) et Ségo pour dire: la France est autre, aujourd'hui. C'est une France de régions et de nouvelles institutions, une France qui a besoin de changer, mais pas sur le dos des petits, et pas juste pour le profit des gros.
Alors, le rêve, pour lutter contre le froid? Un duel Ségo-Bayrou au second tour. Ségo l'emportant, parce que la "balloune" Bayrou, et son manque d'assise, se dégonfleront au second tour. Strauss-Kahn premier ministre, dans un gouvernement PS et affiliés, UDF et affiliés. Le rêve! Et, enfin, tous ensemble, une possibilité de changer les choses...

Aucun commentaire: