À l'heure ou Vladimir Poutine promet des élections démocratiques en Russie, ou George Bush a mis de l'eau dans son vin, ou les candidats à l'élection présidentielle française promettent tout et n'importe quoi (après tout, ça ne coûte rien...), on apprend que l'enfant chéri de la droite canadienne, Stephen Harper, qui a fait reconnaître la "nation" québécoise au sein d'un Canada uni (c'est sympa, mais ça ne coûte rien...), écrivait aux membres du parti de l'Alliance Canadienne en 2002 (l'Alliance canadienne étant une sorte de fusion entre les lepénistes et les UMPistes, précurseure du Parti Conservateur actuellement au pouvoir (minoritaire, heureusement) qu'il fallait absolument liquider l'accord de Kyoto parce qu'il signifiait la mort du développement de l'industrie pétrolière et gazière, qui comme par hasard connaît ses développements les plus exceptionnels dans l'Ouest canadien, et en Alberta en particulier.
Suivez mon regard...Stephen Harper est député de l'Alberta, et la base du parti conservateur actuel (comme de l'Alliance Canadienne) est en Alberta et chez les riches supporters du parti dans ...l'industrie pétrolière et gazière. Les États-Unis ne s'y sont pas trompés, qui ont accueilli à bras ouverts à Washington les représentants de l'Alberta, et la "nouvellle frontière énergétique" que Stephen Harper nous propose pour les années à venir.
Oui, mais...plusieurs provinces de l'est canadien s'inquiètent de voir leur main d'oeuvre active partir en Alberta pour y travailler. Parfois la richesse est redistribuée, parfois, par contre, malgré les prix qui y sont de plus en plus élevés, les gens restent dans l'ouest. C'est déjà considéré comme un problème, et qui sera en particulier de plus en plus aigu dans les minorités comme la minorité acadienne en Nouvelle-Écosse (dont notre petite famille fait partie), dans la mesure ou la population vieillit et ne se renouvelle pas.
Simultanément, on apprend que la commissaire à l'environnement, Johanne Gélinas, qui avait été mise sur la touche depuis un moment par le gouvernement Harper, vient de se faire carrément mettre à la porte. Mauvais signe, alors que l'Alberta commence à s'inquiéter des immenses réservoirs d'eau usée, inutilisable et impossible à recycler, qui a servi à traiter les sables bitumineux pour en extraire un précieux pétrole destiné, de plus en plus, aux États-Unis et, en second lieu, à l'Europe.
Ségolène Royal, dont les conseillers semblent ignorer que le Canada ne se résume pas au Québec, et la politique québécoise au PQ (le Parti Québécois, au cas ou les Français auraient des doutes), devrait faire attention à la question des échanges franco-canadiens: si les Québécois massacrent les territoires du Nord pour en faire des barrages, et donc de l'électricité en masse (principalement pour les États-Unis, d'ailleurs), par contre, le pétrole...c'est en Alberta que àa se trouve. Et le PQ n'a guère d'audience là-bas...
Voici donc de bien mauvais signes. Un reportage récent de Radio-Canada nous indiquait clairement une volonté de faire passer la production de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta de 1 à 5 pour satisfaire la demande américaine. Dans le passé, c'était nos forêts qui y passaient pour les Américains. Et notre environnement...parce qu'on s'en foutait comme de l'an 40 (même avant l'an 40), de l'environnement. À Sydney, en Nouvelle-Écosse, on est pris avec une facture invraisemblable de nappes polluées qui sont là depuis des années, dont on savait qu'elles polluaient, et qu'on a laissé faire. Ce qu'on a trouvé comme solution, après des commissions d'enquête américaines ou canadiennes à n'en plus finir? Les enterrer. Bravo! Comme cela, tout pourra passer tranquillement dans le sol. Un peu comme chez moi: à force de mettre plein de sel pour faire fondre la neige, le ministère des transports de la province a réussi à polluer massivement mon puits. Les verres sont blancs de sel quand ils sortent du lave-vaisselle. À Sydney, ils seraient probablement noirs de goudron. Je devrais m'estimer heureux.
Les tenants du "libéralisme" (dans sa définition française, ce qui en fait plutôt des "conservateurs" pour ici) nous affirment que plus l'industrie est libre, mieux c'est. Il est vrai que c'est à l'industrie que l'on doit les merveilles du colonialisme (les colonies, ce sont des ressources faciles et pas chères) et de l'esclavage sous toutes ses formes (les esclaves, c'est de la main d'oeuvre facile et pas chère). En bout de ligne, cela nous a donné Hitler, le représentant de l'industrie allemande qui voulait absolument un empire colonial et une main d'oeuvre composée d'esclaves que l'on aurait renouvelé régulièrement jusqu'à extinction. Les multinationales sont probablement pleines de petits dictateurs, très bien payés, qui se foutent pas mal de l'environnement. Arrêtons donc de voter pour leurs valets, de quelque couleur qu'ils soient.
Ceci dit, je ne suis pas prêt de voter pour José Bové. Mais je vous dirai cela la prochaine fois...
jeudi 1 février 2007
Promesses de politiciens...
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