OK, on reprend...alors que de partout des cris d'alarme s'élèvent pour dire à quel point l'environnement est gravement menacé, etc..., etc...
Soyons sincère. Le fait que les banquises fondent (qui entraînait dans "Le Jour d'Après" des effets dramatiques, surtout pour nous en Nouvelle-Écosse qui étions liquidés en quelques images comme des fétus de bois) est-il un si terrible phénomène? Bien sûr, il s'agit de faire quelque chose pour les ours blancs. Mais il me semble qu'une bonne partie de l'humanité manque d'eau. Le fait d'avoir de l'eau en plus est-il donc un tel malheur? Le problème des écologistes est que les vrais sont empêtrés dans les élucubrations d'un tas de prophètes de mauvais augure qui, ayant loupé le coche avec le Millénaire (et il ne s'est rien, mais rien passé d'inquiétant en l'au 2000, hélas pour eux), tentent de retrouver une autre cause cataclysmique alors que nous entamons à peine le 21è siècle.
Rappelons-nous toujours que des "experts" du 19è siècle estimaient que la masturbation masculine rendait sourd, aveugle, faisait pousser le poil des mains, et que certains masturbateurs avaient le cerveau tout desséché, et il cognait comme un petit pois dans le crâne. Je connais beaucoup de gens qui ont peut-être le cerveau rétréci (par l'alcool, la drogue, ou tout simplement la connerie), mais ils n'ont généralement pas l'air de s'astiquer férocement le poireau. Quant aux femmes qui se masturbaient (avec ce reliquat maléfique de pénis qu'elles avaient curieusement eu l'audace de conserver), l'asile les attendait, tout simplement!
N'accordons pas trop foi aux experts, même quand ils sont unanimes. Ils étaient unanimes à déclarer que l'Homme de Piltdown était bien le chaînon manquant. Ils étaient unanimes, ou presque, à trouver que le Journal d'Hitler devait être authentique. Etc..., etc...
Ceci dit, il y a bien un problème. Mais ce n'est ni une catastrophe, ni un cataclysme. C'est un problème, la différence étant que l'humanité, qui s'est dotée d'institutions internationales depuis le début du 20è siècle pour tenter d'éviter que n'importe quel dictateur idiot recommence à causer des dizaines de millions de morts inutiles, pourra se doter d'institutions planétaires pour tenter de résoudre le problème. Je vous gage que, dans vingt ans, on utilisera massivement des combustibles mélangeant énergies "propres" et combustibles fossiles (qui restent quand même les plus efficaces), et que les besoins en énergie baisseront peu à peu, faisant baisser également le taux de CO2 dans l'atmosphère. On a déjà réussi à éliminer les gaz qui étaient en train de détruire la couche d'ozone. Sans mal ni douleur.
Là ou il y aura mal et douleur, c'est pour imposer des règles aux multinationales, qui disposent toutes de budgets à faire pâlir la plupart des pays du monde.
Ce que tout candidat signataire du Pacte Écologique de Hulot, ou d'un autre, devrait commencer par faire, ce sont des séminaires pour "les grands patrons". Ces types qui, en définitive, ne sont responsables que devant des actionnaires qui n'attendent que des profits et qui se foutent du reste, quitte à se lancer dans d'innomables traficotages (Enron, Messier, etc...). C'est dans les écoles de gestion qu'il faudrait commencer par faire la morale, et une morale écologique et sociale en tout premier lieu.
C'est pour cela que je soutiens Ségolène - qui s'est bien sûr engagé à être la plus écologiste de toutes, a-t-elle de toutes façons le choix face à la dictature des médias et de la rectitude politique, même si elle est plutôt pragmatique et réaliste, sachant que Rome ne s'est pas faite en un jour - de préférence, à condition qu'elle ne se laisse pas empêtrer dans un "programme" de parti qui ressemble plutôt à un carcan. Je la pense capable d'imposer sa loi à un patronat inconséquent, et dont l'excès de libéralisme et de cupidité est largement responsable des problèmes actuels. C'est beau de faire fabriquer des baskets en Indonésie à bon marché pour le marché occidental...encore faudrait-il payer décemment les ouvrières indonésiennes (par exemple), et veiller avec le gouvernement indonésien (ou un autre) à mettre en place des mesures de protection de l'environnement. Souvenez-vous des poubelles qu'on envoie en Afrique ou au Bangla Desh...ou qu'on enterre dans les espaces du Grand Nord canadien, discrètement.
D'ou, en ce jour de la Chandeleur ou je vais faire des crêpes en les retournant avec une pièce d'or (en chocolat) dans la main, préservant ainsi de vieilles traditions, en ce jour de la Chandeleur qui marque la naissance de mon père (qui, en 1921, dut être emmené pour son baptême en traîneau par une terrible tempête de neige, pas de "réchauffement" à l'époque) et le premier 'non-anniversaire" depuis sa mort, je vous dirai gentiment que l'altermondialisme à la José Bové me semble un phénomène aussi médiatique, et donc aussi faux, que l'écologisme excessif. La persistance de Ralph Nader, le défenseur des consommateurs, à rester candidat dans l'élection américaine si contestée qui vit George Bush et sa clique de Néocons prendre le pouvoir à Washington et dans une bonne partie du monde (ne nous leurrons pas sur l'indépendance des autres pays à l'égard de Washington!), a coûté la vie à Al Gore, un homme intelligent, même s'il manquait de charisme. José Bové, l'homme dont le titre de gloire est de démolir des McDo (est-ce qu'il a des gamins, José Bové? S'il en avait, il devrait apprécier les Mc Do...), de détruire des champs qui ne lui appartiennent pas (mais les idéologues ont cette remarquable capacité de croire que tout leur appartient), d'avoir une moustache (bof), de fumer la pipe (pas ce qu'il y a de mieux par les temps qui courent), et de se montrer (généralement au tout premier rang, pour être bien sur la photo) va donc pouvoir siphonner quelques votes qui, en bout de ligne, seraient peut-être utiles à l'un ou l'autre des candidat(e)s qui ont une chance de gagner, et ne veulent pas, tout simplement, se montrer et avoir leur photo (entre autres) dans Paris-Match.
Espérons que Ségolène, qui est intelligente, qui manque de charisme, ne connaîtra pas le sort d'Al Gore à cause du José Bové de service.
Un dernier mot sur l'écologiste Chirac, et la grand-messe de Paris à cet égard. Curieusement, en bout de mandat, les politiciens se disent: comment laisser ma trace dans l'histoire? et voilà qu'ils se donnent, soudain, un grand projet. Pour Chirac, c'est l'écologie, soudainement. Pour Pierre Elliott Trudeau, notre plus "iconique" premier ministre canadien, c'était, en bout de mandat, le désarmement nucléaire. Je travaillais alors avec Pierre Billon, romancier, scénariste et haut fonctionnaire...qui se rendait bien compte, mais sans pouvoir le dire, à quel point la "tournée des chefs" de Trudeau contre les armements nucléaires était plus de la façade, pour se faire voir, que de la réalité vraiment durable. Et pourtant.
Dans les luttes à long terme, chaque pas compte, chaque geste compte. C'est pourquoi je vais terminer ce blog pour aujourd'hui, éteindre mon ordinateur, et aller faire des crêpes avec de la farine d'épautre...
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