Adolf Hitler, qui en dépit des dénégations à la mode depuis 1945 avait été l'idole d'un bon nombre d'Allemands durant les années 30 - et on comprend que la majorité ne s'en soit pas vanté par la suite - était persuadé qu'il avait été choisi par le destin pour diriger le peuple allemand. L'élu de la Providence. On sait ce que cela donne, les élus de la Providence: des mégalomanes, convaincus de leur supériorité innée par rapport au commun des mortels (et généralement des mortelles encore plus), capables de tout justifier par cette vision baroque et invraisemblable d'eux-mêmes. On sait, dans le cas d'Hitler, à quoi cela aboutit: la destruction massive de tout, à commencer par ceux et celles qui ne conviennent pas au système, vite perverti d'ailleurs par les ambitions, les querelles de chapelles, la méchanceté profonde des uns et des autres, et bien sûr le besoin de plaire au supérieur, à commencer par le dictateur lui-même.
La leçon a porté, dans une certaine mesure. Les pays occidentaux sont moins enclins à accepter l'idée des hommes providentiels - disons hommes parce que les femmes providentielles sont, historiquement parlant, plus rares. Même si, en regardant les femmes qui ont exercé le pouvoir comme celles qui ont été proches conseillères du pouvoir (à commencer par les maîtresses des rois de France), on s'aperçoit que l'idée selon laquelle les femmes sont moins assoiffées de pouvoir que les hommes est une idée reçue...et parfaitement fausse.
Le politicien idéal, la politicienne idéale, sont donc des êtres humains qui gardent les pieds sur terre, ne se prennent pas pour des élus de la Providence, et entretiennent avec "le peuple" qui les a élus - et détient le pouvoir de les réélire - une relation qui est fondée, non sur un bras-de-fer constant (qui dérape vite vers la menace et la domination) mais sur un dialogue, qui n'est pas nécessairement toujours à sens unique, en d'autres mots: le politicien, la politicienne, doit être à l'écoute des citoyens.
Au Canada, je penche pour Stéphane Dion, que j'ai vu animer avec moi des ateliers sur la francophonie, arrivant avec modestie et son petit sac à dos, comme un étudiant.
En France, je reste convaincu que Ségolène Royal est la meilleure option. Elle s'est reprise, comme on l'espérait, même si elle n'a pas le charisme de certains autres candidats. Le charisme "populo" mais très étudié de José Bové. Le charisme vampirique de Sarkozy, qui joue tellement au bon gars qu'on ne sait plus exactement pour qui il court - sauf qu'il est persuadé, lui, d'être l'élu de la Providence: choisi par les pouvoirs en place pour jouer au pouvoir le jeu du capitalisme intégral. La charisme bonhomme de Bayrou, qui monte dans les sondages parce que les gens de droite aimeraient bien, en profondeur, voter pour quelqu'un d'autre que Sarkozy. Mais est-ce que la vie d'un François Bayrou président, avec une base partisane faible, un Zarko aux longues dents guettant sa jugulaire, et une gauche puissante, serait vivable? Viable sans doute, pour un mandat, une sorte de Valéry Giscard d'Estaing bis, avec un parcours politique pour arriver à la présidence moins évident dans ses réalisations que celui de Giscard, qui malgré de bonnes choses souffrit pourtant d'être empêtré dans ses contradictions. Mais allez-y, gens de droite: votez Bayrou! À tout prendre, Bayrou-Royal, une droite populaire contre une gauche moderne, ce serait un débat de second tour un peu plus passionnant que le débat entre Royal et une UMP verrouillée pour la plus grande gloire de l'Élu - qui comme tous les "élus" est déjà persuadé de son destin présidentiel, sinon providentiel.
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas. Sarko, qui est l'enfant chéri des multinationales et de la droite la plus réactionnaire, en France comme ailleurs, Sarko qui a tellement tenu à être pris en photo avec George Dubya Bush (à la même hauteur) au moment ou même Tony Blair, l'ami fidéle de l'aventure irakienne, prend ses distances en sachant que si Bush intervient en Iran il enferme ses successeur(e)s dans une monstrueuse connerie, n'est pas Hitler, bien sûr. On pourra bien sûr discuter à perpétuité du fait que ses origines est-européennes lui donnent une vision du pouvoir plus facilement dictatoriale que d'autres, mais je pense que c'est avant tout une question personnelle. Le problème, c'est que les dictateurs, petits ou grands, temporaires ou définitifs, fascinent. Les admirateurs de Napoléon Ier n'ont pas encore comptabilisé les multiples erreurs de son régime. Ils l'admirent sans réserve. Je parie qu'il y a beaucoup de Bonapartistes inconscients dans les admirateurs de Sarko, l'homme qui se voit déjà poser sur sa tête la couronne républicaine, avant de mettre une couronne (plus petite sans doute) sur la tête de Cécilia. Un Sacre républicain.
Alors, Ségolène, toi dont le manque de charisme est patent, toi qui fais des efforts pour parler de façon plus décontractée, pour soulever un peu plus d'enthousiasme, tu restes sur la bonne voie. Ne te prends pas, jamais! pour l'élue de la Providence. Ne pense pas non plus que d'être femme est une des raisons pour faire "de la politique autrement". Pense qu'être socialiste, en 2007, c'est vouloir faire de la politique autrement. Et, par-dessus tout, tout en affinant ton programme et en le chiffrant -surtout! -, tout en travaillant avec tous - une présidente se doit d'être rassembleuse, à commencer par son propre parti: c'est cela, la grandeur du pouvoir - continue d'écouter.
Il y a un candidat, un "vrai socialiste", qui représente les Maires de France. Il ne sera pas élu, mais écoute-le, lui aussi.
Est-ce que la France peut abandonner l'euro? Non. Mais doit-on réfléchir sérieusement au problème qu'a posé l'euro à l'économie française, aux montées de prix par exemple? Évidemment. Entends-tu "le peuple" en parler?
Est-ce que la France peut "quitter" l'Europe? Non. Mais peut-elle, respectant le vote majoritaire du Non à la constitution européenne, se donner une attitude semblable à l'Angleterre, par exemple, prenant ses distances, et se dotant peut-être de rapports plus proches avec la francophonie, qui après tout est sa famille naturelle dans le monde? Bien sûr. Il faut y penser.
La commission européenne n'est pas plus l'élue de la Providence que tous les autres. L'Europe ne doit pas être une dictature, mais une entente fédérative - pour avoir vécu dans deux fédérations, en Suisse et au Canada, nous pouvons dire que nous en savons quelque chose. Toi qui es, en Poitou-Charentes, présidente de "région", ce concept qui a ressuscité en partie la vraie France par rapport aux plans stratégiques du petit dictateur corse, le Sarkozy de l'an 1800, pense que la France elle-même est une fédération. France fédérative, Europe fédérative, francophonie plus active: voici l'avenir de la République.
Le réchauffement climatique? Ici, on ne le sent toujours pas tellement. Ce serait même le contraire. Attention aux "élus" auto-proclamés de la défense de l'environnement. Leur faire aveuglément confiance? Pas plus qu'à un seul - ou une seule - de ceux ou celles qui se prennent pour des élus. Le monde est trop complexe pour se laisser enfermer dans des messages univoques, même si la démagogie, hélas, fonctionne toujours.
Alors, pas de Le Pen au 1er tour parce qu'il n'aura pas ses signatures? Ce serait un beau signal à envoyer à celui qui se prend déjà pour l'élu, alors qu'il n'est que la marionnette de deux présidents qui l'ont utilisé pour se faire réélire: Mitterand pour diviser la droite (et cela a marché), Chirac pour massacrer la gauche (et cela a marché aussi). Mais je ne veux pas croire qu'il y ait en France 20% de gens qui pensent que les solutions simplistes du FN valent vraiment la peine d'un vote pour la présidence. Ramenons le FN à ce qu'il mérite vraiment, comme tous les groupuscules: de 1% à 5%.
Pour le reste, il faut une nouvelle société, de nouvelles structures...le travail ne manquera pas et nous sommes prêts, nous qui t'appuyons, à continuer de travailler avec toi après ton élection.
mercredi 21 février 2007
Ah, le charisme!
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jeudi 15 février 2007
George Bush, Stephen Harper, Jacques Chirac, et Ségolène Royal
Le mois de février aura, dans l'est de l'Amérique du Nord, été froid et maussade. Pas surprenant, mais avec tout le discours sur le réchauffement climatique, on a l'impression que demain matin la Nouvelle-Écosse va se transformer en Floride, or...il n'en est définitivement rien. Le seul petit changement que l'on peut vaguement constater, c'est que le temps n'est pas facilement prévisible, mais c'est tout, et cela n'a probablement rien à voir, à en croire les météorologues, avec le réchauffement climatique. Cela permet juste aux étudiants des écoles acadiennes (entre autres) de la province d'avoir le double de "jours de neige" - le jour ou il était prévu qu'il neige fort (et ou rien n'est arrivé), et le jour suivant, comme aujourd'hui (parce que le blizzard prévu a quand même fini par arriver).
L'actualité politique n'est pas très réjouissante.
George W. Bush, qui a déjà foutu le monde entier dans la merde avec son incompétence dans le bourbier irakien (et toutes les prises d'intérêt que représentait pour les multinationales américaines la reconstruction de l'Irak, qui semble ne pas finir de se détruire ces temps-ci), est prêt à recommencer dans le dossier iranien, même s'il semble de plus en plus évident que l'Iran, qui n'est pas tout entier solidaire du mégalomane qui en est aujourd'hui président, est prêt à discuter d'une solution à la "menace" nucléaire après la Corée du Nord. Dieu merci, Bush n'a plus les mains libres, et les Américains ne sont plus si nâïfs qu'ils pensent qu'une second bourbier, pire que le premier, premettrait de régler la question du Moyen-Orient.
Je ne pense pas que Bush soit aussi idiot que beaucoup veulent le dire. Ce n'est ni Kennedy ni Clinton, c'est certain - sa vision est plutôt limitée. Mais son intervention de base contre la dictature de Saddam Hussein n'était pas dépourvue de sens: laisser un dictateur mégalomane prendre une place majeure sur un théâtre d'opérations sérieusement miné constitue un risque majeur de conflagration pour le reste du monde - surtout lorsque ledit dictateur règne sur une partie des réserves de pétrole si vitales pour la planète. Le problème, c'était la gestion de la suite de l'intervention militaire: et là, disons-le, mensonges et autres âneries à part, c'est un échec retentissant. Un second Viet-Nam en pire: les Américains ne savent même plus, à l'heure actuelle, contre quoi ils combattent. Le terrorisme? le monde entier le combat aujourd'hui, avec des arrestations à peu près dans tous les coins, et tout le temps. Mais le monde entier n'a pas créé une situation impossible dans laquelle une guerre civile est aussi en train de tourner à la déconfiture de l'Amérique, worldwide, dans le domaine des relations publiques.
Car une guerre, cela se gagne non seulement sur le terrain, mais aussi, et de plus en plus, dans les média. Il paraît que l'équipe Bush avait beaucoup étudié la guerre d'Algérie avant d'intervenir en Irak. Il faut croire qu'ils ont mal étudié le dossier, ou qu'ils n'en ont délibérément pas tiré les conséquences. La France dominait militairement l'Algérie. Le pays était, militairement parlant, totalement quadrillé - et largement contrôlé. Les révolutionnaires arabes majeurs avaient fui en exil, ou se terraient dans la clandestinité. Mais, sur le plan des relations publiques, la France a perdu. Elle n'était pas le pays des "droits de l'homme", mais un pays capitaliste, colonialiste, et oppresseur. Elle avait le vilain rôle. Et les vilains rôles finissent, toutes forces confondues, par perdre. Comme les États-Unis vont perdre en Irak, pour ne pas avoir compris qu'il fallait absolument, comme en Afghanistan ou les choses sont loin d'être gagnées, savoir s'effacer pour laisser peu à peu d'autres partenaires diluer les sentiments d'infériorité ressenti par les populations arabes, dont la fierté ne supporte pas qu'on la confine longtemps à ce sentiment d'infériorité. Les tapis de bombes gagnent des batailles, mais ne gagnent ni la guerre, ni la paix. Les Israéliens, qui avait dû, pour survivre, faire leur la doctrine de l'assaut massif et à tout prix, se rendent compte aujourd'hui que la donne a changé. L'intervention armée, nécessaire sans doute pour se défendre, et le plus fermement possible, ne peut jamais remplacer dans ce miroir magique que sont les yeux du monde, à commencer par nos télés de plus en plus planétaires, notre web, nos portables une véritable tentative d'arriver à une solution de conflits.
La grandeur d'un homme, ou d'une femme, d'état, est dans la capacité de résoudre les conflits.
George W. admire beaucoup, dit-on, Ronald Reagan: or Reagan, à part des appuis sporadiques à de petits conflits, a cherché à résoudre le conflit majeur qu'était la guerre froide sans que Russes et Américains se balancent des missiles à tête nucléaire sur la gueule...et bien entendu que nous en prenions plein la poire. Si George W. avait été à la place de Reagan, on peut légitimement se demander si la Nouvelle-Écosse, entre autres, ne serait pas aujourd'hui un champ de ruines de style Tchernobyl. C'est dire que, toute autre considération mise à part, Ronald Reagan apparaîtra au regard de l'histoire comme un grand homme d'état, George W., à moins d'un miracle, comme le chef d'une coterie marquée idéologiquement par une vision étriquée de la politique mondiale.
Mick Jagger nous dirait que ce sont tous des "néocons", comme il le dit dans une des rares chansons politisées du dernier CD des Stones. C'est vrai, mais Mick Jagger n'est pas John Lennon, ce n'est plus les années 70, et le message ne porte pas. Mais c'est vrai: la tentative de mainmise conservatrice sur un certain nombre d'espaces politiques, qui ne fait aucun doute, commence, à juste titre, à inquiéter. Au Canada, Stephen Harper, qui semble politiquement plus habile que son mentor américain, et veut présider à la transformation du pays en une gigantesque entreprise de production d'énergie pour les corporations US (sables bitumineux de l'Alberta, gaz naturel de Terre-Neuve et de l'Ile de Sable, port pétrolier en préparation pour la ville de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick), révèle peu à peu ses vraies couleurs: nomination de juges archi-conservateurs à la Cour Suprême (en pervertissant le processus de nomination), rejet de la volonté parlementaire majoritaire sur l'accord de Kyoto, sans doute; mais, ce qui plus inquiétant, satisfaction accordée au nationalisme québécois par la reconnaissance d'une "nation" québécoise dans le contexte canadien, et, simultanément, démantèlement progressif de la structure juridique qui permet le développement et le maintien d'un réel bilinguisme et biculturalisme au Canada, ce qui nous touche, nous Acadiens, tout particulièrement. Plus d'obligation pour les hauts gradés de l'armée, organisme déjà très médiocre dans son effort de bilinguisation concrète, d'être bilingues. Plus de programme de contestation judiciaire permettant de défendre les petits groupes de pression (qui n'ont généralement pas de moyens financiers suffisants pour engager des procédures judiciaires par eux-mêmes, à la différence des multinationales) contre la passivité gouvernementale dans les dossiers concernant les citoyens qu'ils représentent. Ministre unilingue au Ministère du Patrimoine canadien. On pourrait continuer. Si nos politiciens sont habiles, on ira en élection bientôt, et on stoppera tranquillement ce bel ordre du jour néocon. Autrement, c'est peut-être que nous sommes des cons (et même pas néo), et nous mériterons nos néocons de dirigeants.
Jacques Chirac, lui, ne fait pas dans le néocon: en faisant en "on" à la presse américaine des déclarations qui auraient dû être "off", mais qui, même "off", étaient des idioties (à propos de la guerre nucléaire potentielle Iran-Israël), il prouve assez bien que le temps de la retraite est arrivé. Hésitations, niaiseries, mémoires avec Pierre Péan ou il se livre à de bien bas règlements de compte à bon marché, parcours à la Pierre Trudeau sur l'environnement, il prouve s'il en était besoin que la dernière chose dont les Français auraient besoin, et dont le monde aurait besoin, est une nouvelle candidatude Chirac à une présidence quelconque. À moins, bien sûr, que l'échec retentissant du projet de constitution européenne concocté sous la houlette d'un autre ancien président français, Giscard dit d'Estaing, ne laisse encore des doutes à certains sur les extraordinaires qualités nécessaires pour l'accession à ce qu'on appelle "la magistrature suprême".
Alors: nous en arrivons à Ségolène. Mais qu'est-ce qu'elle fait, Ségolène? On a envie de lui écrire une lettre ouverte. Plus un seul magazine ou bulletin de nouvelles qui ne relève la désagrégation massive de son équipe de campagne. C'est peut-être vrai, c'est peut-être faux: mais, ici comme pour la guerre irakienne des néocons, tout est dans l'image. Et l'image commence à faire penser à la soupe Campbell's - Kim Campbell, la première femme premier ministre du Canada (ce qui, gouverneure générale à part sur le plan symbolique, correspond au poste de président en France ou aux USA). Kim Campbell, qui doit aujourd'hui faire dorer son beau cul (c'est elle qui l'avait dit, en campagne électorale) quelque part en Californie ou elle est consule générale du pays, représente l'échec le plus retentissant d'une campagne électorale dans ce pays: un parti Progressiste-Conservateur (les ancêtres des néocons) majoritaire réduit en une élection à une poignée de députés, dont certains vont d'ailleurs quitter (Jean Charest, en particulier, pour la politique québécoise qui ne lui réussira pas si mal, puisqu'il est aujourd'hui premier ministre depuis 4 ans). Kim Campbell dont tous les analystes ont pu souligner que le problème a été la désorganisation massive de sa campagne, qui est devenue si évidente après plusieurs semaines que l'on ne pouvait décemment pas voter ce parti-là au pouvoir.
Or Ségolène, si elle partage avec Kim Campbell le fait d'être une femme (et, comme les média nous l'ont bien montré l'été passé, d'être en bikini tout à fait accorte pour son âge), ne devrait pas, si elle veut qu'on continue de la suivre pour ne pas se retrouver dans le Sarkozyland, le Bayroupatch ou, pire encore, le LePencountry ou le Parc d'attractions José Bové, continuer de donner l'impression d'une cheftaine hautaine qui, nominée par les socialistes, se laisse tourner la tête au point de penser qu'elle peut tout faire toute seule, sans compter que le verruoillage par sa tendre moitié du Parti Socialiste cache mal les mésententes entre l'équipe de la candidate et un Parti ou s'affûtent déjà les couteaux si elle perd l'élection. Ségolène, Ségolène, peut-être que tu maîtrises bien tout, mais donne-nous en l'impression! Pour l'instant, on a plutôt l'impression que les choses sont en train de se défaire, et, vu les espoirs que tu portes de faire de la politique autrement, cela nous terrifie! Voulons-nous cinq ans de plus d'un UMP encore plus néocon que ses prédecesseurs, pour avoir encore plus de compagnies qui vont noircir nos plages, mettre des employés en chômage, tout en payant comme des princes ses dirigeants, et en rétribuant merveilleusement des actionnaires de toute évidence dépourvus du moindre sens d'éthique? Non, diantre, non! Alors? Ces cent propositions sont merveilleuses...mais ce serait plus merveilleux encore d'avoir une idée qui, en comment, va les payer...et surtout, ce serait encore plus merveilleux de sentir, de jour en jour, la campagne se resserrer, se raffermir, se rediriger, et canaliser enfin toutes ces belles énergies. Ségolène, Ségolène, tu sais que tu étais, au sein des socialistes, un second couteau; tu sais, pour être présidente de région, et pour être femme et mère, que c'est un autre espoir que tu portes; tu as compris que la tâche du locataire de l'Élysée, dans une large mesure, est de représenter un des pays majeurs du monde à l'échelle de la planète, et dans tous les domaines; alors, penses-tu vraiment, Ségolène, que les images que donnent les média d'une campagne hésitante, fragilisée par conflits et démissions, manque d'unité au sein du PS malgré les apparences bien minces d'une petite dose de solidarité, penses-tu vraiment que ces images vont convaincre les hésitants, qui feront la différence le moment venu? Nous voulons tous, et toutes, avec toi, un autre monde. Ne te fais pas d'illusions: les épaules qui porteront cet espoir devront être à la fois solides et souples; fermeté peut-être, mais avec beaucoup, beaucoup de diplomatie. Rassure-nous! faute de quoi un destin à la Kim Campbell t'attend...avec, un jour sans doute, la rencontre des anciennes de la vie politique, et un énorme espoir détruit: celui d'être la première femme politique dans un pays occidental majeur à faire de la politique autrement. La droite, qui a eu droit à l'icône thatchérienne, n'a pas attendu pour prouver que les femmes néoconnes pouvaient faire de la politique aussi impitoyablement que les néocons mâles...
L'actualité politique n'est pas très réjouissante.
George W. Bush, qui a déjà foutu le monde entier dans la merde avec son incompétence dans le bourbier irakien (et toutes les prises d'intérêt que représentait pour les multinationales américaines la reconstruction de l'Irak, qui semble ne pas finir de se détruire ces temps-ci), est prêt à recommencer dans le dossier iranien, même s'il semble de plus en plus évident que l'Iran, qui n'est pas tout entier solidaire du mégalomane qui en est aujourd'hui président, est prêt à discuter d'une solution à la "menace" nucléaire après la Corée du Nord. Dieu merci, Bush n'a plus les mains libres, et les Américains ne sont plus si nâïfs qu'ils pensent qu'une second bourbier, pire que le premier, premettrait de régler la question du Moyen-Orient.
Je ne pense pas que Bush soit aussi idiot que beaucoup veulent le dire. Ce n'est ni Kennedy ni Clinton, c'est certain - sa vision est plutôt limitée. Mais son intervention de base contre la dictature de Saddam Hussein n'était pas dépourvue de sens: laisser un dictateur mégalomane prendre une place majeure sur un théâtre d'opérations sérieusement miné constitue un risque majeur de conflagration pour le reste du monde - surtout lorsque ledit dictateur règne sur une partie des réserves de pétrole si vitales pour la planète. Le problème, c'était la gestion de la suite de l'intervention militaire: et là, disons-le, mensonges et autres âneries à part, c'est un échec retentissant. Un second Viet-Nam en pire: les Américains ne savent même plus, à l'heure actuelle, contre quoi ils combattent. Le terrorisme? le monde entier le combat aujourd'hui, avec des arrestations à peu près dans tous les coins, et tout le temps. Mais le monde entier n'a pas créé une situation impossible dans laquelle une guerre civile est aussi en train de tourner à la déconfiture de l'Amérique, worldwide, dans le domaine des relations publiques.
Car une guerre, cela se gagne non seulement sur le terrain, mais aussi, et de plus en plus, dans les média. Il paraît que l'équipe Bush avait beaucoup étudié la guerre d'Algérie avant d'intervenir en Irak. Il faut croire qu'ils ont mal étudié le dossier, ou qu'ils n'en ont délibérément pas tiré les conséquences. La France dominait militairement l'Algérie. Le pays était, militairement parlant, totalement quadrillé - et largement contrôlé. Les révolutionnaires arabes majeurs avaient fui en exil, ou se terraient dans la clandestinité. Mais, sur le plan des relations publiques, la France a perdu. Elle n'était pas le pays des "droits de l'homme", mais un pays capitaliste, colonialiste, et oppresseur. Elle avait le vilain rôle. Et les vilains rôles finissent, toutes forces confondues, par perdre. Comme les États-Unis vont perdre en Irak, pour ne pas avoir compris qu'il fallait absolument, comme en Afghanistan ou les choses sont loin d'être gagnées, savoir s'effacer pour laisser peu à peu d'autres partenaires diluer les sentiments d'infériorité ressenti par les populations arabes, dont la fierté ne supporte pas qu'on la confine longtemps à ce sentiment d'infériorité. Les tapis de bombes gagnent des batailles, mais ne gagnent ni la guerre, ni la paix. Les Israéliens, qui avait dû, pour survivre, faire leur la doctrine de l'assaut massif et à tout prix, se rendent compte aujourd'hui que la donne a changé. L'intervention armée, nécessaire sans doute pour se défendre, et le plus fermement possible, ne peut jamais remplacer dans ce miroir magique que sont les yeux du monde, à commencer par nos télés de plus en plus planétaires, notre web, nos portables une véritable tentative d'arriver à une solution de conflits.
La grandeur d'un homme, ou d'une femme, d'état, est dans la capacité de résoudre les conflits.
George W. admire beaucoup, dit-on, Ronald Reagan: or Reagan, à part des appuis sporadiques à de petits conflits, a cherché à résoudre le conflit majeur qu'était la guerre froide sans que Russes et Américains se balancent des missiles à tête nucléaire sur la gueule...et bien entendu que nous en prenions plein la poire. Si George W. avait été à la place de Reagan, on peut légitimement se demander si la Nouvelle-Écosse, entre autres, ne serait pas aujourd'hui un champ de ruines de style Tchernobyl. C'est dire que, toute autre considération mise à part, Ronald Reagan apparaîtra au regard de l'histoire comme un grand homme d'état, George W., à moins d'un miracle, comme le chef d'une coterie marquée idéologiquement par une vision étriquée de la politique mondiale.
Mick Jagger nous dirait que ce sont tous des "néocons", comme il le dit dans une des rares chansons politisées du dernier CD des Stones. C'est vrai, mais Mick Jagger n'est pas John Lennon, ce n'est plus les années 70, et le message ne porte pas. Mais c'est vrai: la tentative de mainmise conservatrice sur un certain nombre d'espaces politiques, qui ne fait aucun doute, commence, à juste titre, à inquiéter. Au Canada, Stephen Harper, qui semble politiquement plus habile que son mentor américain, et veut présider à la transformation du pays en une gigantesque entreprise de production d'énergie pour les corporations US (sables bitumineux de l'Alberta, gaz naturel de Terre-Neuve et de l'Ile de Sable, port pétrolier en préparation pour la ville de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick), révèle peu à peu ses vraies couleurs: nomination de juges archi-conservateurs à la Cour Suprême (en pervertissant le processus de nomination), rejet de la volonté parlementaire majoritaire sur l'accord de Kyoto, sans doute; mais, ce qui plus inquiétant, satisfaction accordée au nationalisme québécois par la reconnaissance d'une "nation" québécoise dans le contexte canadien, et, simultanément, démantèlement progressif de la structure juridique qui permet le développement et le maintien d'un réel bilinguisme et biculturalisme au Canada, ce qui nous touche, nous Acadiens, tout particulièrement. Plus d'obligation pour les hauts gradés de l'armée, organisme déjà très médiocre dans son effort de bilinguisation concrète, d'être bilingues. Plus de programme de contestation judiciaire permettant de défendre les petits groupes de pression (qui n'ont généralement pas de moyens financiers suffisants pour engager des procédures judiciaires par eux-mêmes, à la différence des multinationales) contre la passivité gouvernementale dans les dossiers concernant les citoyens qu'ils représentent. Ministre unilingue au Ministère du Patrimoine canadien. On pourrait continuer. Si nos politiciens sont habiles, on ira en élection bientôt, et on stoppera tranquillement ce bel ordre du jour néocon. Autrement, c'est peut-être que nous sommes des cons (et même pas néo), et nous mériterons nos néocons de dirigeants.
Jacques Chirac, lui, ne fait pas dans le néocon: en faisant en "on" à la presse américaine des déclarations qui auraient dû être "off", mais qui, même "off", étaient des idioties (à propos de la guerre nucléaire potentielle Iran-Israël), il prouve assez bien que le temps de la retraite est arrivé. Hésitations, niaiseries, mémoires avec Pierre Péan ou il se livre à de bien bas règlements de compte à bon marché, parcours à la Pierre Trudeau sur l'environnement, il prouve s'il en était besoin que la dernière chose dont les Français auraient besoin, et dont le monde aurait besoin, est une nouvelle candidatude Chirac à une présidence quelconque. À moins, bien sûr, que l'échec retentissant du projet de constitution européenne concocté sous la houlette d'un autre ancien président français, Giscard dit d'Estaing, ne laisse encore des doutes à certains sur les extraordinaires qualités nécessaires pour l'accession à ce qu'on appelle "la magistrature suprême".
Alors: nous en arrivons à Ségolène. Mais qu'est-ce qu'elle fait, Ségolène? On a envie de lui écrire une lettre ouverte. Plus un seul magazine ou bulletin de nouvelles qui ne relève la désagrégation massive de son équipe de campagne. C'est peut-être vrai, c'est peut-être faux: mais, ici comme pour la guerre irakienne des néocons, tout est dans l'image. Et l'image commence à faire penser à la soupe Campbell's - Kim Campbell, la première femme premier ministre du Canada (ce qui, gouverneure générale à part sur le plan symbolique, correspond au poste de président en France ou aux USA). Kim Campbell, qui doit aujourd'hui faire dorer son beau cul (c'est elle qui l'avait dit, en campagne électorale) quelque part en Californie ou elle est consule générale du pays, représente l'échec le plus retentissant d'une campagne électorale dans ce pays: un parti Progressiste-Conservateur (les ancêtres des néocons) majoritaire réduit en une élection à une poignée de députés, dont certains vont d'ailleurs quitter (Jean Charest, en particulier, pour la politique québécoise qui ne lui réussira pas si mal, puisqu'il est aujourd'hui premier ministre depuis 4 ans). Kim Campbell dont tous les analystes ont pu souligner que le problème a été la désorganisation massive de sa campagne, qui est devenue si évidente après plusieurs semaines que l'on ne pouvait décemment pas voter ce parti-là au pouvoir.
Or Ségolène, si elle partage avec Kim Campbell le fait d'être une femme (et, comme les média nous l'ont bien montré l'été passé, d'être en bikini tout à fait accorte pour son âge), ne devrait pas, si elle veut qu'on continue de la suivre pour ne pas se retrouver dans le Sarkozyland, le Bayroupatch ou, pire encore, le LePencountry ou le Parc d'attractions José Bové, continuer de donner l'impression d'une cheftaine hautaine qui, nominée par les socialistes, se laisse tourner la tête au point de penser qu'elle peut tout faire toute seule, sans compter que le verruoillage par sa tendre moitié du Parti Socialiste cache mal les mésententes entre l'équipe de la candidate et un Parti ou s'affûtent déjà les couteaux si elle perd l'élection. Ségolène, Ségolène, peut-être que tu maîtrises bien tout, mais donne-nous en l'impression! Pour l'instant, on a plutôt l'impression que les choses sont en train de se défaire, et, vu les espoirs que tu portes de faire de la politique autrement, cela nous terrifie! Voulons-nous cinq ans de plus d'un UMP encore plus néocon que ses prédecesseurs, pour avoir encore plus de compagnies qui vont noircir nos plages, mettre des employés en chômage, tout en payant comme des princes ses dirigeants, et en rétribuant merveilleusement des actionnaires de toute évidence dépourvus du moindre sens d'éthique? Non, diantre, non! Alors? Ces cent propositions sont merveilleuses...mais ce serait plus merveilleux encore d'avoir une idée qui, en comment, va les payer...et surtout, ce serait encore plus merveilleux de sentir, de jour en jour, la campagne se resserrer, se raffermir, se rediriger, et canaliser enfin toutes ces belles énergies. Ségolène, Ségolène, tu sais que tu étais, au sein des socialistes, un second couteau; tu sais, pour être présidente de région, et pour être femme et mère, que c'est un autre espoir que tu portes; tu as compris que la tâche du locataire de l'Élysée, dans une large mesure, est de représenter un des pays majeurs du monde à l'échelle de la planète, et dans tous les domaines; alors, penses-tu vraiment, Ségolène, que les images que donnent les média d'une campagne hésitante, fragilisée par conflits et démissions, manque d'unité au sein du PS malgré les apparences bien minces d'une petite dose de solidarité, penses-tu vraiment que ces images vont convaincre les hésitants, qui feront la différence le moment venu? Nous voulons tous, et toutes, avec toi, un autre monde. Ne te fais pas d'illusions: les épaules qui porteront cet espoir devront être à la fois solides et souples; fermeté peut-être, mais avec beaucoup, beaucoup de diplomatie. Rassure-nous! faute de quoi un destin à la Kim Campbell t'attend...avec, un jour sans doute, la rencontre des anciennes de la vie politique, et un énorme espoir détruit: celui d'être la première femme politique dans un pays occidental majeur à faire de la politique autrement. La droite, qui a eu droit à l'icône thatchérienne, n'a pas attendu pour prouver que les femmes néoconnes pouvaient faire de la politique aussi impitoyablement que les néocons mâles...
jeudi 8 février 2007
C'est parti!
De toute évidence, c'est parti. Un grand rassemblement autour de Ségolène dimanche, un programme dévoilé lundi - et José Bové dont la candidature capote en taule, ce qu'on pouvait franchement attendre.
Dans une large mesure, on peut penser que les personnes encore indécises vont, peu à peu, remonter les chiffres de Ségolène dans les sondages, tandis que Sarko a plus ou moins fait le plein des convaincus.
Sarko, qui joue l'étrange danse d'être à la fois le protecteur du conseil des musulmans français, et en même temps le défenseur de Charlie-Hebdo et de la liberté d'expression.
Ici, en Nouvelle-Écosse, un prof de philo a fait l'objet de menaces parce qu'il avait voulu discuter les "caricatures" de Mahomet dans son cours à Halifax.
On n'arrête pas le ridicule.
Les "caricatures", qui n'avaient fait ciller personne lors de leur publication (et pour cause), sont devenues un prétexte absurde à faire, une fois de plus, basculer une frange militante dans les rues sous prétexte de religion.
Si j'étais musulman, j'aurais honte. Pas honte des caricatures: honte d'être niaiseux au point d'utiliser la religion, une religion qui mérite le respect au même titre que toute autre croyance (ou non-croyance), pour des motifs passablement douteux.
Parce que Mahomet était bien un chef de guerre.
Parce que les poseurs de bombes en tous genres se réclament bien, que je sache, de lui.
Parce que les bons apôtres de l'Islam qui prétendent que l'Islam est une religion "pacifique" n'ont pas l'air de regarder bien souvent les nouvelles. À ma connaissance, à l'heure actuelle, c'est dans les pays d'Islam que ça cartonne le plus. Dans les pays d'Islam que l'intolérance est la plus féroce - il n'y a qu'à voir les barrières mises dans le chemin de mariages mixtes dans des pays d'Islam, même modernes.
Parce qu'il est probablement temps de réfléchir à un Islam moderne, précisément. Tout comme les catholiques, les protestants, les Juifs, et combien d'autres? ont fait une réflexion solide sur ce qui continuait à être d'actualité ou non dans leur espace religieux.
Moi, je crois fondamentalement que la seule entente entre êtres humains se fera par l'intermédiaire d'une adhésion sans réserve aux droits fondamentaux qu'on a développé durant des siècles dans des pays bien différents, et qui ont appris à leurs dépens le prix à payer pour les erreurs: le droit à la liberté individuelle, le droit à un niveau de vie minimum, le droit à ne pas être exclu de sa société quelqu'en soit le principe, le droit à ne pas recourir à la violence pour régler les conflits, et le droit d'être protégé contre cette violence, ni comme victime, ni comme bourreau.
Violence, cela inclut, entre autres, le fait de ne pas être empoisonné par la fumée des voisins dans les bars. Bravo à la progression de l'anti-tabagisme en France, enfin!
Il ne s'agit pas de renoncer aux mille différences qui font que le monde est monde. Comme écrivain, j'aime ces mille différences. J'ai aimé me réveiller à Douz à l'appel à la prière du matin, et voir sur les toits un voisin en train de faire sa prière.
Mais le point est précisément là: sa prière n'est pas le lancement d'une bombe ou d'une quelconque fatwa contre moi sous le premier prétexte venu.
Si l'islam est une religion de paix, que les leaders, en France comme ailleurs, condamnent sans équivoque la violence qui embrase le monde islamique sous n'importe quel prétexte.
Les caricatures du prophète, pour moi, c'est comme le mariage gay au Canada: un problème qui n'existe pas. Parce qu'il est insignifiant. Parce que nos énergies, notre argent, notre temps, devraient aller à traiter des dossiers et des problèmes d'une autre importance. Et ils ne manquent pas.
Lesquels? C'est précisément ce que Ségolène écoute depuis des mois. Et moi, tout comme je veux au Canada un premier ministre et une gouverneure-générale à l'écoute de la population dont je fais partie, je veux en France un président qui ne soit pas convaincu avant même de faire campagne qu'il détient la vérité par je ne sais quel pouvoir messianique (ah, ces images de Saint Sarko sur le Mont Saint Michel, quel symbolisme! quelle manne pour les cours de sémiotique...).
Rendez-vous dimanche. Et, si vous vous posez la question: il fait toujours froid, il neige toujours, le réchauffement climatique n'est toujours pas très évident par ici...
Dans une large mesure, on peut penser que les personnes encore indécises vont, peu à peu, remonter les chiffres de Ségolène dans les sondages, tandis que Sarko a plus ou moins fait le plein des convaincus.
Sarko, qui joue l'étrange danse d'être à la fois le protecteur du conseil des musulmans français, et en même temps le défenseur de Charlie-Hebdo et de la liberté d'expression.
Ici, en Nouvelle-Écosse, un prof de philo a fait l'objet de menaces parce qu'il avait voulu discuter les "caricatures" de Mahomet dans son cours à Halifax.
On n'arrête pas le ridicule.
Les "caricatures", qui n'avaient fait ciller personne lors de leur publication (et pour cause), sont devenues un prétexte absurde à faire, une fois de plus, basculer une frange militante dans les rues sous prétexte de religion.
Si j'étais musulman, j'aurais honte. Pas honte des caricatures: honte d'être niaiseux au point d'utiliser la religion, une religion qui mérite le respect au même titre que toute autre croyance (ou non-croyance), pour des motifs passablement douteux.
Parce que Mahomet était bien un chef de guerre.
Parce que les poseurs de bombes en tous genres se réclament bien, que je sache, de lui.
Parce que les bons apôtres de l'Islam qui prétendent que l'Islam est une religion "pacifique" n'ont pas l'air de regarder bien souvent les nouvelles. À ma connaissance, à l'heure actuelle, c'est dans les pays d'Islam que ça cartonne le plus. Dans les pays d'Islam que l'intolérance est la plus féroce - il n'y a qu'à voir les barrières mises dans le chemin de mariages mixtes dans des pays d'Islam, même modernes.
Parce qu'il est probablement temps de réfléchir à un Islam moderne, précisément. Tout comme les catholiques, les protestants, les Juifs, et combien d'autres? ont fait une réflexion solide sur ce qui continuait à être d'actualité ou non dans leur espace religieux.
Moi, je crois fondamentalement que la seule entente entre êtres humains se fera par l'intermédiaire d'une adhésion sans réserve aux droits fondamentaux qu'on a développé durant des siècles dans des pays bien différents, et qui ont appris à leurs dépens le prix à payer pour les erreurs: le droit à la liberté individuelle, le droit à un niveau de vie minimum, le droit à ne pas être exclu de sa société quelqu'en soit le principe, le droit à ne pas recourir à la violence pour régler les conflits, et le droit d'être protégé contre cette violence, ni comme victime, ni comme bourreau.
Violence, cela inclut, entre autres, le fait de ne pas être empoisonné par la fumée des voisins dans les bars. Bravo à la progression de l'anti-tabagisme en France, enfin!
Il ne s'agit pas de renoncer aux mille différences qui font que le monde est monde. Comme écrivain, j'aime ces mille différences. J'ai aimé me réveiller à Douz à l'appel à la prière du matin, et voir sur les toits un voisin en train de faire sa prière.
Mais le point est précisément là: sa prière n'est pas le lancement d'une bombe ou d'une quelconque fatwa contre moi sous le premier prétexte venu.
Si l'islam est une religion de paix, que les leaders, en France comme ailleurs, condamnent sans équivoque la violence qui embrase le monde islamique sous n'importe quel prétexte.
Les caricatures du prophète, pour moi, c'est comme le mariage gay au Canada: un problème qui n'existe pas. Parce qu'il est insignifiant. Parce que nos énergies, notre argent, notre temps, devraient aller à traiter des dossiers et des problèmes d'une autre importance. Et ils ne manquent pas.
Lesquels? C'est précisément ce que Ségolène écoute depuis des mois. Et moi, tout comme je veux au Canada un premier ministre et une gouverneure-générale à l'écoute de la population dont je fais partie, je veux en France un président qui ne soit pas convaincu avant même de faire campagne qu'il détient la vérité par je ne sais quel pouvoir messianique (ah, ces images de Saint Sarko sur le Mont Saint Michel, quel symbolisme! quelle manne pour les cours de sémiotique...).
Rendez-vous dimanche. Et, si vous vous posez la question: il fait toujours froid, il neige toujours, le réchauffement climatique n'est toujours pas très évident par ici...
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mardi 6 février 2007
Ne pas se laisser leurrer
Alors que le réchauffement climatique ne se manifeste toujours pas plus par ici (- 17C ce matin, et de la neige prévue pour la journée), j'ai écouté avec plaisir Christiane Taubira ce matin aux 4 Vérités. Un peu surpris, parce qu'elle semblait décidée à être elle-même candidate, mais content parce que sa présence, sa façon de parler clairement, son allure décidée, aident à lever un peu l'hypothéque qui colle à Ségolène Royal ces temps-ci d'une campagne indécise et un peu hésitante sur ses objectifs.
Il y a déjà, sans doute, de multiples changements dans la façon de faire campagne de tous côtés qui témoignent bien de changements profonds: aux réunions politiques dont le principal but était de faire applaudir le candidat par un public acquis d'avance a succédé une kyrielle de rencontres, réunions, et autres débats, à la télé, sur le Web, en personne...laissant peut-être présager une meilleure ambiance participative dans les années à venir. Pas seulement des élus plus directement responsables, mais des élus plus proches et plus accessibles: même si le pouvoir s'entoure toujours d'un inévitable protocole - sans parler des gardes du corps - par contre la France n'a jamais été véritablement le pays ou les élus étaient facilement accessibles. Je me souviens du maire (de droite, évidemment) d'une petite commune qui, bien que n'étant plus maire depuis belle lurette, continue tellement à se penser d'estrace supérieure au commun des mortels qu'il s'est nommé "maire honoraire", titre qu'on pourrait définir assez facilement en canadien-français comme "de la bullshit". La France me semble, à cet égard, assez particulière - et il probablement temps que les choses changent, un tant soit peu.
Une élection, c'est autant une élection contre qu'une élection pour. Or la performance de Sarko-Iznogoud face à des questions, comme l'a si bien montré Christiane Taubira ce matin, laisse singulièrement à désirer. Voici un homme qui, depuis qu'il est en culottes courtes, veut être "président de la République...ou rien" comme je ne sais plus qui avait écrit sur ses carnets d'enfance "Victor Hugo...ou rien". En d'autres mots, voici quelqu'un qui à bien des égards n'est ni mieux, ni pire que bien d'autres, mais dont la soif de pouvoir est telle qu'elle en devient littéralement effrayante. S'il est important qu'un futur président ou une future présidente soit quelqu'un d'assez décidé, il semble difficile de considérer que quelqu'un devrait être élu uniquement parce que c'est...une sorte de vocation. Or celui qui veut viscéralement devenir calife à la place du calife semble, malgré ses citations continuelles de gens de gauche (y croit-il vraiment? croit-il que nous y croyons vraiment?), se positionner de plus en plus à droite. Or c'est au centre que se jouera l'élection: pas parce que Bayrou sera élu, non, mais parce que les électeurs et électrices qui ne veulent aller à aucun extrême seront en définitive les arbitres du scrutin final. La meilleure candidature? Une candidature de gauche, mais avec le réalisme du centre droit. Le vrai "conservatisme avec une conscience sociale" qui a permis à George W. Bush de se faire élire aux USA...pour s'empresser de ne plus rien faire de la conscience sociale. Faisons attention de ne pas prendre les vessies pour les lanternes, l'apparence pour la réalité...Il n'y a de conscience sociale que chez les candidats de gauche, et il n'y a pour le moment qu'une candidate de gauche qui puisse raisonnablement prétendre à incarner ses espoirs à la présidence de la république. La France sera-t-elle à la hauteur de l'Islande, du Chili, de l'Irlande, bref de tous ces pays qui ont eu des femmes modérément socialistes comme chef d'état ou de gouvernement?
Il y a déjà, sans doute, de multiples changements dans la façon de faire campagne de tous côtés qui témoignent bien de changements profonds: aux réunions politiques dont le principal but était de faire applaudir le candidat par un public acquis d'avance a succédé une kyrielle de rencontres, réunions, et autres débats, à la télé, sur le Web, en personne...laissant peut-être présager une meilleure ambiance participative dans les années à venir. Pas seulement des élus plus directement responsables, mais des élus plus proches et plus accessibles: même si le pouvoir s'entoure toujours d'un inévitable protocole - sans parler des gardes du corps - par contre la France n'a jamais été véritablement le pays ou les élus étaient facilement accessibles. Je me souviens du maire (de droite, évidemment) d'une petite commune qui, bien que n'étant plus maire depuis belle lurette, continue tellement à se penser d'estrace supérieure au commun des mortels qu'il s'est nommé "maire honoraire", titre qu'on pourrait définir assez facilement en canadien-français comme "de la bullshit". La France me semble, à cet égard, assez particulière - et il probablement temps que les choses changent, un tant soit peu.
Une élection, c'est autant une élection contre qu'une élection pour. Or la performance de Sarko-Iznogoud face à des questions, comme l'a si bien montré Christiane Taubira ce matin, laisse singulièrement à désirer. Voici un homme qui, depuis qu'il est en culottes courtes, veut être "président de la République...ou rien" comme je ne sais plus qui avait écrit sur ses carnets d'enfance "Victor Hugo...ou rien". En d'autres mots, voici quelqu'un qui à bien des égards n'est ni mieux, ni pire que bien d'autres, mais dont la soif de pouvoir est telle qu'elle en devient littéralement effrayante. S'il est important qu'un futur président ou une future présidente soit quelqu'un d'assez décidé, il semble difficile de considérer que quelqu'un devrait être élu uniquement parce que c'est...une sorte de vocation. Or celui qui veut viscéralement devenir calife à la place du calife semble, malgré ses citations continuelles de gens de gauche (y croit-il vraiment? croit-il que nous y croyons vraiment?), se positionner de plus en plus à droite. Or c'est au centre que se jouera l'élection: pas parce que Bayrou sera élu, non, mais parce que les électeurs et électrices qui ne veulent aller à aucun extrême seront en définitive les arbitres du scrutin final. La meilleure candidature? Une candidature de gauche, mais avec le réalisme du centre droit. Le vrai "conservatisme avec une conscience sociale" qui a permis à George W. Bush de se faire élire aux USA...pour s'empresser de ne plus rien faire de la conscience sociale. Faisons attention de ne pas prendre les vessies pour les lanternes, l'apparence pour la réalité...Il n'y a de conscience sociale que chez les candidats de gauche, et il n'y a pour le moment qu'une candidate de gauche qui puisse raisonnablement prétendre à incarner ses espoirs à la présidence de la république. La France sera-t-elle à la hauteur de l'Islande, du Chili, de l'Irlande, bref de tous ces pays qui ont eu des femmes modérément socialistes comme chef d'état ou de gouvernement?
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lundi 5 février 2007
Le réchauffement climatique...pas encore tout à fait
Avec -29 C ce soir, et un blizzard depuis deux jours, le réchauffement climatique ne nous frappe pas tout à fait de plein fouet. La neige? Trente centimètres, on a déjà vu pire dans les années passées, mais on en a déjà vu moins dans les années passées aussi. La seule consolation est de se dire que cette neige, qui va finir par fondre, alimentera nos puits en eau pour l'été à venir. L'eau, un problème fondamental pour le siècle qui commence, une ressource que nous risquons tôt ou tard d'avoir à partager avec les parties du globe qui en manqueront. Pourtant, ce qui me frappe toujours, c'est l'extrême habileté des êtres humains à réagir aux problèmes. Si la technologie est capable de produire de nouveaux systèmes d'ordinateurs tous les deux ou trois ans, elle est aussi capable de produire des systèmes efficaces pour transformer l'eau de mer en eau potable là ou c'est indispensable. À condition, bien entendu, que les océans ne soient pas pollués en profondeur. On frémit en pensant que des nappes de mazout traînent ici ou là, au fond des mers, dans des cales de bateaux coulés, comme ce dernier transporteur de conteneurs sur les côtes de la Manche.
D'une certaine manière, les menaces climatiques ont à la fois l'urgence et l'étrange désincarnation de la bombe atomique sous toutes ses formes (bombe A, bombe H, bombe à neutrons, nouvelles "mini-bombes" ciblées): lorsque le problème est trop vaste, il devient impossible de s'y attaquer de façon concrète. Par ou commencer? J'ai parfois le problème avec mes propres dossiers, mes propres textes...on a l'impression que les choses n'avancent pas. Il faut donc se redonner un "petit" objectif, un but très concret, comme une marche pour commencer à monter un escalier dont on ne verrait pas le bout et dont on n'aurait aucune idée ou il va aboutir.
La vie politique est un peu comme cela, finalement. On prend une nouvelle équipe pour poursuivre ce que la précédente a fait, et essayer d'aboutir sur un certain nombre de dossiers, sans prétendre pouvoir trop en faire. Là réside la grande difficulté: pour être élu, il faut prétendre qu'on va pouvoir réaliser ce que les autres n'ont pas pu faire; mais, en même temps, il faut pouvoir convaincre que l'on va poursuivre dans tout ce qui a, finalement, été bien fait et demande surtout de la continuité. Nous sommes, en bien ou en mal, dans des sociétés de changements mous, ce qui est probablement la valeur et la difficulté de la démocratie. Changement, rupture, ce sont de bien grands mots. Les changements se font tout naturellement, peu à peu, et avec l'accord de tous, ou du moins d'une réelle majorité. Les ruptures? Elles ne se font pas de haut en bas - sinon dans les dictatures, et avec la main lourde des agents du pouvoir - mais de bas en haut, par des mouvements sociaux qui indiquent clairement les besoins de changement.
C'est cela qui me fatigue dans les discours sarkozystes depuis le premier jour. Non seulement parce qu'il est ridicule qu'un ministre du pouvoir en place prétende tout d'un coup qu'il va tout chambouler, pour évidemment revenir vite dans le giron de la majorité qui ne veut pas vraiment de changements, puisque ses collègues prétendent simultanément que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. François Copé, ministre du budget - un des ministères qu'on peut considérer comme plus "techniques" que "politiques" - aux 4 Vérités ce matin: nous avons réussi à simultanément réduire les impôts, réduire les dépenses, et réduire le déficit (que, bien sûr, les horribles socialistes avaient laissé gonfler comme un ballon). Pour bien le prouver, nous menons des audits.
De deux choses l'une: ou c'est vrai, ou c'est un argument purement électoral. Si c'est vrai, il faut immédiatement revoter pour cette équipe en place! Mais est-ce vrai? On n'a pas l'impression que ce bel optimisme relatif aux finances publiques se soit transféré dans une sensation globale de confiance que tout va bien, non seulement économiquement, mais socialement, et, plus important peut-être, dans un sentiment d'espoir national profond. Le Non à la constitution européenne était la preuve, s'il en fallait une, qu'un bon nombre d'électeurs et d'électrices veulent des changements.
Lesquels? voilà la question. La Constitution européenne, document à peu près illisible portant la marque de Giscard d'Estaing et d'une équipe d'énarques, ne pouvait guère séduire personne de raisonnablement concret. Elle était la preuve par excellence du profond fossé entre de prétendues "élites" politiques et "le peuple". Elle était la preuve par excellence qu'il faut fonctionner selon un autre système.
Alors, malgré toutes les critiques dont elle fait l'objet, malgré les difficultés de réussir une expérience qui non seulement consulte mais établit peu à peu des bases pour un meilleur dialogue entre "les politiciens" et "la société civile", non seulement en temps d'élection, mais de façon beaucoup plus constante, la démarche de Ségolène reste à l'heure actuelle la seule porteuse de nouveauté. Sa faiblesse sera peut-être de rester trop concrète, et de ne pas promettre la lune. Les électeurs, qui se croient fins, se retrouvent souvent à céder à des miroirs aux alouettes, même s'ils se sont promis de n'en rien faire.
D'une certaine manière, les menaces climatiques ont à la fois l'urgence et l'étrange désincarnation de la bombe atomique sous toutes ses formes (bombe A, bombe H, bombe à neutrons, nouvelles "mini-bombes" ciblées): lorsque le problème est trop vaste, il devient impossible de s'y attaquer de façon concrète. Par ou commencer? J'ai parfois le problème avec mes propres dossiers, mes propres textes...on a l'impression que les choses n'avancent pas. Il faut donc se redonner un "petit" objectif, un but très concret, comme une marche pour commencer à monter un escalier dont on ne verrait pas le bout et dont on n'aurait aucune idée ou il va aboutir.
La vie politique est un peu comme cela, finalement. On prend une nouvelle équipe pour poursuivre ce que la précédente a fait, et essayer d'aboutir sur un certain nombre de dossiers, sans prétendre pouvoir trop en faire. Là réside la grande difficulté: pour être élu, il faut prétendre qu'on va pouvoir réaliser ce que les autres n'ont pas pu faire; mais, en même temps, il faut pouvoir convaincre que l'on va poursuivre dans tout ce qui a, finalement, été bien fait et demande surtout de la continuité. Nous sommes, en bien ou en mal, dans des sociétés de changements mous, ce qui est probablement la valeur et la difficulté de la démocratie. Changement, rupture, ce sont de bien grands mots. Les changements se font tout naturellement, peu à peu, et avec l'accord de tous, ou du moins d'une réelle majorité. Les ruptures? Elles ne se font pas de haut en bas - sinon dans les dictatures, et avec la main lourde des agents du pouvoir - mais de bas en haut, par des mouvements sociaux qui indiquent clairement les besoins de changement.
C'est cela qui me fatigue dans les discours sarkozystes depuis le premier jour. Non seulement parce qu'il est ridicule qu'un ministre du pouvoir en place prétende tout d'un coup qu'il va tout chambouler, pour évidemment revenir vite dans le giron de la majorité qui ne veut pas vraiment de changements, puisque ses collègues prétendent simultanément que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. François Copé, ministre du budget - un des ministères qu'on peut considérer comme plus "techniques" que "politiques" - aux 4 Vérités ce matin: nous avons réussi à simultanément réduire les impôts, réduire les dépenses, et réduire le déficit (que, bien sûr, les horribles socialistes avaient laissé gonfler comme un ballon). Pour bien le prouver, nous menons des audits.
De deux choses l'une: ou c'est vrai, ou c'est un argument purement électoral. Si c'est vrai, il faut immédiatement revoter pour cette équipe en place! Mais est-ce vrai? On n'a pas l'impression que ce bel optimisme relatif aux finances publiques se soit transféré dans une sensation globale de confiance que tout va bien, non seulement économiquement, mais socialement, et, plus important peut-être, dans un sentiment d'espoir national profond. Le Non à la constitution européenne était la preuve, s'il en fallait une, qu'un bon nombre d'électeurs et d'électrices veulent des changements.
Lesquels? voilà la question. La Constitution européenne, document à peu près illisible portant la marque de Giscard d'Estaing et d'une équipe d'énarques, ne pouvait guère séduire personne de raisonnablement concret. Elle était la preuve par excellence du profond fossé entre de prétendues "élites" politiques et "le peuple". Elle était la preuve par excellence qu'il faut fonctionner selon un autre système.
Alors, malgré toutes les critiques dont elle fait l'objet, malgré les difficultés de réussir une expérience qui non seulement consulte mais établit peu à peu des bases pour un meilleur dialogue entre "les politiciens" et "la société civile", non seulement en temps d'élection, mais de façon beaucoup plus constante, la démarche de Ségolène reste à l'heure actuelle la seule porteuse de nouveauté. Sa faiblesse sera peut-être de rester trop concrète, et de ne pas promettre la lune. Les électeurs, qui se croient fins, se retrouvent souvent à céder à des miroirs aux alouettes, même s'ils se sont promis de n'en rien faire.
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samedi 3 février 2007
Rumeurs de guerre...ô Chirac, Osirak, ô Iran...
Pour ceux ou celles qui ont la mémoire courte, rappelons que le réacteur Osirak était un réacteur nucléaire irakien, construit sous le régime de Saddam Hussein avec le concours amical de la France dont le premier ministre était un certain...Jacques Chirac.
Un dictateur avec des armes conventionnelles est un assassin, pas seulement en puissance, mais avec une capacité relativement limitée de tuer.
Un dictateur avec l'arme nucléaire est un danger planétaire certain. Tôt ou tard, il en fera usage. Si Hitler avait eu l'arme atomique - et tous les signes indiquent que les Allemands n'étaient pas si loin de l'avoir en 1945 - il l'aurait utilisé tous azimuts: contre les Alliés, évidemment, mais aussi contre les Allemands, puisque le peuple comme l'armée n'avaient pu, en définitive, se mesure à l"idéologie.
Si Saddam avait eu l'arme atomique, une guerre nucléaire aurait probablement dévasté une bonne partie du Moyen Orient...et, par contrecoup, une bonne partie de la planète par le jeu des alliances. Rappelons-nous toujours que c'est par le jeu des alliances que la première des deux monstrueuses boucheries du 20è siècle, la soi-disait "Grande Guerre", s'est déclenchée sans que personne ne soit tout à fait sûr pourquoi elle était nécessaire (sauf, bien entendu, les marchands de canons et autres industriels pour qui progrès et fortune riment avec massacre de masse).
À ceux et celles qui cherchent un sens au monde, et croient au destin, rappelons au passage que les guerres entraînent de multiples changements, dont tous sont loin d'être inutiles: si l'aviation a connu au 20è siècle l'évolution incroyable qu'elle a connu, c'est en grande partie dû aux deux guerres mondiales, qui ont forcé le développement de nouveaux appareils, de bombardiers à long rayon d'action, et d'avions à réaction.
Reste à savoir, bien entendu, si une période de paix n'aurait pas permis des développements tout aussi profitables pour notre avenir, et à moindre coût, humain et financier. Sans parler de tous les "cerveaux", dans tous les domaines, qui ont fini dans des fosses communes, des charniers, ou des tombes de cimetières et de nécropoles militaires.
Pour l'environnement, c'est simple: comment peut-on, en quelques générations, transformer des personnes qui pendant des siècles ont vécu la guerre comme moyen de base de résolution de conflits, en des personnes qui tout d'un coup sont confrontées au besoin de travailler ensemble pour contrer une menace planétaire?
Les cultures humaines évoluent à des rythmes différents, selon des calendriers différents, et avec des besoins différents. Penser unifier tout le monde aujourd'hui est aussi aléatoire que penser unifier les Français et les Allemands en 1914. Relisez ce qui s'écrivait à l'époque. Relisez aussi ce qui s'écrivait sur les Anglais dans une bonne partie de l'intelligentsia française en 1930. Lisez ce qu'on écrit sur les Américains en France par les temps qui courent. Et persuadez-vous que tout est relatif.
On ne peut pas reprocher à Bush d'avoir militairement "déposé" un tyran qui avait assez de sang sur les mains pour faire frémir n'importe quel chef de n'importe quelle mafia, clubs de motards compris, ou n'importe quel tueur en série. Ce qu'on peut reprocher aux Américains, c'est une stratégie peu subtile : on envahit, on bombarde, et on s'attend à ce que tout soit parfait.
Les deux guerres du Golfe, militairement parlant, ont été des réussites stratégiques de toute première qualité. Le problème, c'est qu'elles ont été militairement bien préparées et bien exécutées, mais au détriment des populations civiles, et surtout sans tenir compte du complexe d'infériorité qui tenaille en profondeur le monde musulman dans sa confrontation (parfois pacifique, parfois non) avec les valeurs fondamentalement différentes qui sont celles du monde occidental.
Or on ne rattrape pas les erreurs, à ce niveau-là.
Chirac, chef de clan, avait pourtant bien cru réussir son coup avec Villepin, son fidèle féal, lorsqu'ils se sont opposés à l'invasion de l'Irak. À en croire tous les sondages (en France), le prix Nobel attendait ces deux "pèlerins de la paix", comme Paris-Match les avait nommés.
Et pouf! Pas de prix Nobel. Le plus proche souffle de parfum Nobel que Chirac pourra humer est la présence d'Elie Wiesel - qui était à l'Élysée pour parler avec Mesdames les reines et les présidentes de la lutte contre la pédophilie. Alors que Jimmy Carter (qui, lui, ne valait militairement pas un clou), qui construit des maisons à bas prix et écrit des livres de spiritualité, a réussi à être nobélisé.
Il y avait le grand Charles. Il aurait pu y avoir le grand Jacques, encore que l'expression fasse un peu rigoler. Et voilà qu'il avait manqué son coup, en grande partie parce que des pèlerins de la paix qui ont fricoté avec Saddam depuis des années, qui ont des milliards en jeu si le dictateur se fait virer, et qui ont failli lui livrer les clefs de la bombinette, ne sont pas exactement très très crédibles.
Il a fallu les Israéliens pour liquider Osirak. Parce que les Israéliens n'ont plus l'intention de laisser les mains libres à leurs ennemis pour les massacrer. Et que, s'ils ne se défendent pas, personne ne le fera à leur place. Or, bien souvent, les guerres de défense modernes sont des guerres ou il s'agit avant tout de neutraliser la possibilité pour l'ennemi de vous attaquer.
Elie Wiesel, lui, n'a pas caché son appui à George Bush.
Le problème était dans la manière de gérer l'après-guerre. Vu l'incompétence des Américains à s'en sortir, on imagine le merdier qu'aurait été la France de 1944-45 s'il n'y avait pas eu l'esprit d'organisation et l'habileté politique du général de Gaulle. Qui n'était pas un saint, loin s'en faut, mais un réaliste.
Rumeurs de guerre, donc, ces temps-ci, dans le golfe persique. Formulons-le clairement: qui, et quand, va "liquider" les sites iraniens susceptibles de produire une bombe capable de mettre le feu aux poudres? Les Israéliens? les États-Unis? les deux? Ou va-t-on, à l'expiration d'un ultimatum contre le petit Hitler local, Amadinejad, frapper avec une "coalition" quelconque, pour bien montrer qu'il faut un coup d'arrêt au développement l'arme atomique - et de l'énergie nucléaire, soi-disant "propre" (sauf pour les rejets), mais susceptible de tous les dérapages?
J'ai aimé la position de Ségolène. Une position utopique sans doute pour le moment, mais qui représente bien la seule solution à long terme: éliminer le nucléaire irakien. Et peut-être, peu à peu, les autres formes de nucléaire. Surtout dans les régions "chaudes" du monde.
Pour autant qu'on puisse voir, Sarko, lui est prêt à suivre Bush dans toutes les aventures possibles. On attend mieux d'un président français.
Et voilà la question: Chirac, qui a manqué son coup avec le "pèlerinage de la paix", voit-il dans la proposition faite d'une ONUE à Paris ces jours-ci la chance de devenir le Al Gore français - un autre espoir de nobélisation?
Ou voit-il là-dedans, et dans la conférence organisée par Bernadette contre la pédophilie, des petits jalons qui vont, venu le mois de mars, lui permettre de balayer d'un coup d'aile les Sarkonnades pour dire: me voilà, je suis là, j'ai la stature d'un homme d'état, et pas lui?
Tout est possible.
Des frappes aériennes contre l'Iran.
Un petit Chirac de derrière les fagots.
Rien de très réjouissant.
Un dictateur avec des armes conventionnelles est un assassin, pas seulement en puissance, mais avec une capacité relativement limitée de tuer.
Un dictateur avec l'arme nucléaire est un danger planétaire certain. Tôt ou tard, il en fera usage. Si Hitler avait eu l'arme atomique - et tous les signes indiquent que les Allemands n'étaient pas si loin de l'avoir en 1945 - il l'aurait utilisé tous azimuts: contre les Alliés, évidemment, mais aussi contre les Allemands, puisque le peuple comme l'armée n'avaient pu, en définitive, se mesure à l"idéologie.
Si Saddam avait eu l'arme atomique, une guerre nucléaire aurait probablement dévasté une bonne partie du Moyen Orient...et, par contrecoup, une bonne partie de la planète par le jeu des alliances. Rappelons-nous toujours que c'est par le jeu des alliances que la première des deux monstrueuses boucheries du 20è siècle, la soi-disait "Grande Guerre", s'est déclenchée sans que personne ne soit tout à fait sûr pourquoi elle était nécessaire (sauf, bien entendu, les marchands de canons et autres industriels pour qui progrès et fortune riment avec massacre de masse).
À ceux et celles qui cherchent un sens au monde, et croient au destin, rappelons au passage que les guerres entraînent de multiples changements, dont tous sont loin d'être inutiles: si l'aviation a connu au 20è siècle l'évolution incroyable qu'elle a connu, c'est en grande partie dû aux deux guerres mondiales, qui ont forcé le développement de nouveaux appareils, de bombardiers à long rayon d'action, et d'avions à réaction.
Reste à savoir, bien entendu, si une période de paix n'aurait pas permis des développements tout aussi profitables pour notre avenir, et à moindre coût, humain et financier. Sans parler de tous les "cerveaux", dans tous les domaines, qui ont fini dans des fosses communes, des charniers, ou des tombes de cimetières et de nécropoles militaires.
Pour l'environnement, c'est simple: comment peut-on, en quelques générations, transformer des personnes qui pendant des siècles ont vécu la guerre comme moyen de base de résolution de conflits, en des personnes qui tout d'un coup sont confrontées au besoin de travailler ensemble pour contrer une menace planétaire?
Les cultures humaines évoluent à des rythmes différents, selon des calendriers différents, et avec des besoins différents. Penser unifier tout le monde aujourd'hui est aussi aléatoire que penser unifier les Français et les Allemands en 1914. Relisez ce qui s'écrivait à l'époque. Relisez aussi ce qui s'écrivait sur les Anglais dans une bonne partie de l'intelligentsia française en 1930. Lisez ce qu'on écrit sur les Américains en France par les temps qui courent. Et persuadez-vous que tout est relatif.
On ne peut pas reprocher à Bush d'avoir militairement "déposé" un tyran qui avait assez de sang sur les mains pour faire frémir n'importe quel chef de n'importe quelle mafia, clubs de motards compris, ou n'importe quel tueur en série. Ce qu'on peut reprocher aux Américains, c'est une stratégie peu subtile : on envahit, on bombarde, et on s'attend à ce que tout soit parfait.
Les deux guerres du Golfe, militairement parlant, ont été des réussites stratégiques de toute première qualité. Le problème, c'est qu'elles ont été militairement bien préparées et bien exécutées, mais au détriment des populations civiles, et surtout sans tenir compte du complexe d'infériorité qui tenaille en profondeur le monde musulman dans sa confrontation (parfois pacifique, parfois non) avec les valeurs fondamentalement différentes qui sont celles du monde occidental.
Or on ne rattrape pas les erreurs, à ce niveau-là.
Chirac, chef de clan, avait pourtant bien cru réussir son coup avec Villepin, son fidèle féal, lorsqu'ils se sont opposés à l'invasion de l'Irak. À en croire tous les sondages (en France), le prix Nobel attendait ces deux "pèlerins de la paix", comme Paris-Match les avait nommés.
Et pouf! Pas de prix Nobel. Le plus proche souffle de parfum Nobel que Chirac pourra humer est la présence d'Elie Wiesel - qui était à l'Élysée pour parler avec Mesdames les reines et les présidentes de la lutte contre la pédophilie. Alors que Jimmy Carter (qui, lui, ne valait militairement pas un clou), qui construit des maisons à bas prix et écrit des livres de spiritualité, a réussi à être nobélisé.
Il y avait le grand Charles. Il aurait pu y avoir le grand Jacques, encore que l'expression fasse un peu rigoler. Et voilà qu'il avait manqué son coup, en grande partie parce que des pèlerins de la paix qui ont fricoté avec Saddam depuis des années, qui ont des milliards en jeu si le dictateur se fait virer, et qui ont failli lui livrer les clefs de la bombinette, ne sont pas exactement très très crédibles.
Il a fallu les Israéliens pour liquider Osirak. Parce que les Israéliens n'ont plus l'intention de laisser les mains libres à leurs ennemis pour les massacrer. Et que, s'ils ne se défendent pas, personne ne le fera à leur place. Or, bien souvent, les guerres de défense modernes sont des guerres ou il s'agit avant tout de neutraliser la possibilité pour l'ennemi de vous attaquer.
Elie Wiesel, lui, n'a pas caché son appui à George Bush.
Le problème était dans la manière de gérer l'après-guerre. Vu l'incompétence des Américains à s'en sortir, on imagine le merdier qu'aurait été la France de 1944-45 s'il n'y avait pas eu l'esprit d'organisation et l'habileté politique du général de Gaulle. Qui n'était pas un saint, loin s'en faut, mais un réaliste.
Rumeurs de guerre, donc, ces temps-ci, dans le golfe persique. Formulons-le clairement: qui, et quand, va "liquider" les sites iraniens susceptibles de produire une bombe capable de mettre le feu aux poudres? Les Israéliens? les États-Unis? les deux? Ou va-t-on, à l'expiration d'un ultimatum contre le petit Hitler local, Amadinejad, frapper avec une "coalition" quelconque, pour bien montrer qu'il faut un coup d'arrêt au développement l'arme atomique - et de l'énergie nucléaire, soi-disant "propre" (sauf pour les rejets), mais susceptible de tous les dérapages?
J'ai aimé la position de Ségolène. Une position utopique sans doute pour le moment, mais qui représente bien la seule solution à long terme: éliminer le nucléaire irakien. Et peut-être, peu à peu, les autres formes de nucléaire. Surtout dans les régions "chaudes" du monde.
Pour autant qu'on puisse voir, Sarko, lui est prêt à suivre Bush dans toutes les aventures possibles. On attend mieux d'un président français.
Et voilà la question: Chirac, qui a manqué son coup avec le "pèlerinage de la paix", voit-il dans la proposition faite d'une ONUE à Paris ces jours-ci la chance de devenir le Al Gore français - un autre espoir de nobélisation?
Ou voit-il là-dedans, et dans la conférence organisée par Bernadette contre la pédophilie, des petits jalons qui vont, venu le mois de mars, lui permettre de balayer d'un coup d'aile les Sarkonnades pour dire: me voilà, je suis là, j'ai la stature d'un homme d'état, et pas lui?
Tout est possible.
Des frappes aériennes contre l'Iran.
Un petit Chirac de derrière les fagots.
Rien de très réjouissant.
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vendredi 2 février 2007
Entre la Chandeleur et José Bové
OK, on reprend...alors que de partout des cris d'alarme s'élèvent pour dire à quel point l'environnement est gravement menacé, etc..., etc...
Soyons sincère. Le fait que les banquises fondent (qui entraînait dans "Le Jour d'Après" des effets dramatiques, surtout pour nous en Nouvelle-Écosse qui étions liquidés en quelques images comme des fétus de bois) est-il un si terrible phénomène? Bien sûr, il s'agit de faire quelque chose pour les ours blancs. Mais il me semble qu'une bonne partie de l'humanité manque d'eau. Le fait d'avoir de l'eau en plus est-il donc un tel malheur? Le problème des écologistes est que les vrais sont empêtrés dans les élucubrations d'un tas de prophètes de mauvais augure qui, ayant loupé le coche avec le Millénaire (et il ne s'est rien, mais rien passé d'inquiétant en l'au 2000, hélas pour eux), tentent de retrouver une autre cause cataclysmique alors que nous entamons à peine le 21è siècle.
Rappelons-nous toujours que des "experts" du 19è siècle estimaient que la masturbation masculine rendait sourd, aveugle, faisait pousser le poil des mains, et que certains masturbateurs avaient le cerveau tout desséché, et il cognait comme un petit pois dans le crâne. Je connais beaucoup de gens qui ont peut-être le cerveau rétréci (par l'alcool, la drogue, ou tout simplement la connerie), mais ils n'ont généralement pas l'air de s'astiquer férocement le poireau. Quant aux femmes qui se masturbaient (avec ce reliquat maléfique de pénis qu'elles avaient curieusement eu l'audace de conserver), l'asile les attendait, tout simplement!
N'accordons pas trop foi aux experts, même quand ils sont unanimes. Ils étaient unanimes à déclarer que l'Homme de Piltdown était bien le chaînon manquant. Ils étaient unanimes, ou presque, à trouver que le Journal d'Hitler devait être authentique. Etc..., etc...
Ceci dit, il y a bien un problème. Mais ce n'est ni une catastrophe, ni un cataclysme. C'est un problème, la différence étant que l'humanité, qui s'est dotée d'institutions internationales depuis le début du 20è siècle pour tenter d'éviter que n'importe quel dictateur idiot recommence à causer des dizaines de millions de morts inutiles, pourra se doter d'institutions planétaires pour tenter de résoudre le problème. Je vous gage que, dans vingt ans, on utilisera massivement des combustibles mélangeant énergies "propres" et combustibles fossiles (qui restent quand même les plus efficaces), et que les besoins en énergie baisseront peu à peu, faisant baisser également le taux de CO2 dans l'atmosphère. On a déjà réussi à éliminer les gaz qui étaient en train de détruire la couche d'ozone. Sans mal ni douleur.
Là ou il y aura mal et douleur, c'est pour imposer des règles aux multinationales, qui disposent toutes de budgets à faire pâlir la plupart des pays du monde.
Ce que tout candidat signataire du Pacte Écologique de Hulot, ou d'un autre, devrait commencer par faire, ce sont des séminaires pour "les grands patrons". Ces types qui, en définitive, ne sont responsables que devant des actionnaires qui n'attendent que des profits et qui se foutent du reste, quitte à se lancer dans d'innomables traficotages (Enron, Messier, etc...). C'est dans les écoles de gestion qu'il faudrait commencer par faire la morale, et une morale écologique et sociale en tout premier lieu.
C'est pour cela que je soutiens Ségolène - qui s'est bien sûr engagé à être la plus écologiste de toutes, a-t-elle de toutes façons le choix face à la dictature des médias et de la rectitude politique, même si elle est plutôt pragmatique et réaliste, sachant que Rome ne s'est pas faite en un jour - de préférence, à condition qu'elle ne se laisse pas empêtrer dans un "programme" de parti qui ressemble plutôt à un carcan. Je la pense capable d'imposer sa loi à un patronat inconséquent, et dont l'excès de libéralisme et de cupidité est largement responsable des problèmes actuels. C'est beau de faire fabriquer des baskets en Indonésie à bon marché pour le marché occidental...encore faudrait-il payer décemment les ouvrières indonésiennes (par exemple), et veiller avec le gouvernement indonésien (ou un autre) à mettre en place des mesures de protection de l'environnement. Souvenez-vous des poubelles qu'on envoie en Afrique ou au Bangla Desh...ou qu'on enterre dans les espaces du Grand Nord canadien, discrètement.
D'ou, en ce jour de la Chandeleur ou je vais faire des crêpes en les retournant avec une pièce d'or (en chocolat) dans la main, préservant ainsi de vieilles traditions, en ce jour de la Chandeleur qui marque la naissance de mon père (qui, en 1921, dut être emmené pour son baptême en traîneau par une terrible tempête de neige, pas de "réchauffement" à l'époque) et le premier 'non-anniversaire" depuis sa mort, je vous dirai gentiment que l'altermondialisme à la José Bové me semble un phénomène aussi médiatique, et donc aussi faux, que l'écologisme excessif. La persistance de Ralph Nader, le défenseur des consommateurs, à rester candidat dans l'élection américaine si contestée qui vit George Bush et sa clique de Néocons prendre le pouvoir à Washington et dans une bonne partie du monde (ne nous leurrons pas sur l'indépendance des autres pays à l'égard de Washington!), a coûté la vie à Al Gore, un homme intelligent, même s'il manquait de charisme. José Bové, l'homme dont le titre de gloire est de démolir des McDo (est-ce qu'il a des gamins, José Bové? S'il en avait, il devrait apprécier les Mc Do...), de détruire des champs qui ne lui appartiennent pas (mais les idéologues ont cette remarquable capacité de croire que tout leur appartient), d'avoir une moustache (bof), de fumer la pipe (pas ce qu'il y a de mieux par les temps qui courent), et de se montrer (généralement au tout premier rang, pour être bien sur la photo) va donc pouvoir siphonner quelques votes qui, en bout de ligne, seraient peut-être utiles à l'un ou l'autre des candidat(e)s qui ont une chance de gagner, et ne veulent pas, tout simplement, se montrer et avoir leur photo (entre autres) dans Paris-Match.
Espérons que Ségolène, qui est intelligente, qui manque de charisme, ne connaîtra pas le sort d'Al Gore à cause du José Bové de service.
Un dernier mot sur l'écologiste Chirac, et la grand-messe de Paris à cet égard. Curieusement, en bout de mandat, les politiciens se disent: comment laisser ma trace dans l'histoire? et voilà qu'ils se donnent, soudain, un grand projet. Pour Chirac, c'est l'écologie, soudainement. Pour Pierre Elliott Trudeau, notre plus "iconique" premier ministre canadien, c'était, en bout de mandat, le désarmement nucléaire. Je travaillais alors avec Pierre Billon, romancier, scénariste et haut fonctionnaire...qui se rendait bien compte, mais sans pouvoir le dire, à quel point la "tournée des chefs" de Trudeau contre les armements nucléaires était plus de la façade, pour se faire voir, que de la réalité vraiment durable. Et pourtant.
Dans les luttes à long terme, chaque pas compte, chaque geste compte. C'est pourquoi je vais terminer ce blog pour aujourd'hui, éteindre mon ordinateur, et aller faire des crêpes avec de la farine d'épautre...
Soyons sincère. Le fait que les banquises fondent (qui entraînait dans "Le Jour d'Après" des effets dramatiques, surtout pour nous en Nouvelle-Écosse qui étions liquidés en quelques images comme des fétus de bois) est-il un si terrible phénomène? Bien sûr, il s'agit de faire quelque chose pour les ours blancs. Mais il me semble qu'une bonne partie de l'humanité manque d'eau. Le fait d'avoir de l'eau en plus est-il donc un tel malheur? Le problème des écologistes est que les vrais sont empêtrés dans les élucubrations d'un tas de prophètes de mauvais augure qui, ayant loupé le coche avec le Millénaire (et il ne s'est rien, mais rien passé d'inquiétant en l'au 2000, hélas pour eux), tentent de retrouver une autre cause cataclysmique alors que nous entamons à peine le 21è siècle.
Rappelons-nous toujours que des "experts" du 19è siècle estimaient que la masturbation masculine rendait sourd, aveugle, faisait pousser le poil des mains, et que certains masturbateurs avaient le cerveau tout desséché, et il cognait comme un petit pois dans le crâne. Je connais beaucoup de gens qui ont peut-être le cerveau rétréci (par l'alcool, la drogue, ou tout simplement la connerie), mais ils n'ont généralement pas l'air de s'astiquer férocement le poireau. Quant aux femmes qui se masturbaient (avec ce reliquat maléfique de pénis qu'elles avaient curieusement eu l'audace de conserver), l'asile les attendait, tout simplement!
N'accordons pas trop foi aux experts, même quand ils sont unanimes. Ils étaient unanimes à déclarer que l'Homme de Piltdown était bien le chaînon manquant. Ils étaient unanimes, ou presque, à trouver que le Journal d'Hitler devait être authentique. Etc..., etc...
Ceci dit, il y a bien un problème. Mais ce n'est ni une catastrophe, ni un cataclysme. C'est un problème, la différence étant que l'humanité, qui s'est dotée d'institutions internationales depuis le début du 20è siècle pour tenter d'éviter que n'importe quel dictateur idiot recommence à causer des dizaines de millions de morts inutiles, pourra se doter d'institutions planétaires pour tenter de résoudre le problème. Je vous gage que, dans vingt ans, on utilisera massivement des combustibles mélangeant énergies "propres" et combustibles fossiles (qui restent quand même les plus efficaces), et que les besoins en énergie baisseront peu à peu, faisant baisser également le taux de CO2 dans l'atmosphère. On a déjà réussi à éliminer les gaz qui étaient en train de détruire la couche d'ozone. Sans mal ni douleur.
Là ou il y aura mal et douleur, c'est pour imposer des règles aux multinationales, qui disposent toutes de budgets à faire pâlir la plupart des pays du monde.
Ce que tout candidat signataire du Pacte Écologique de Hulot, ou d'un autre, devrait commencer par faire, ce sont des séminaires pour "les grands patrons". Ces types qui, en définitive, ne sont responsables que devant des actionnaires qui n'attendent que des profits et qui se foutent du reste, quitte à se lancer dans d'innomables traficotages (Enron, Messier, etc...). C'est dans les écoles de gestion qu'il faudrait commencer par faire la morale, et une morale écologique et sociale en tout premier lieu.
C'est pour cela que je soutiens Ségolène - qui s'est bien sûr engagé à être la plus écologiste de toutes, a-t-elle de toutes façons le choix face à la dictature des médias et de la rectitude politique, même si elle est plutôt pragmatique et réaliste, sachant que Rome ne s'est pas faite en un jour - de préférence, à condition qu'elle ne se laisse pas empêtrer dans un "programme" de parti qui ressemble plutôt à un carcan. Je la pense capable d'imposer sa loi à un patronat inconséquent, et dont l'excès de libéralisme et de cupidité est largement responsable des problèmes actuels. C'est beau de faire fabriquer des baskets en Indonésie à bon marché pour le marché occidental...encore faudrait-il payer décemment les ouvrières indonésiennes (par exemple), et veiller avec le gouvernement indonésien (ou un autre) à mettre en place des mesures de protection de l'environnement. Souvenez-vous des poubelles qu'on envoie en Afrique ou au Bangla Desh...ou qu'on enterre dans les espaces du Grand Nord canadien, discrètement.
D'ou, en ce jour de la Chandeleur ou je vais faire des crêpes en les retournant avec une pièce d'or (en chocolat) dans la main, préservant ainsi de vieilles traditions, en ce jour de la Chandeleur qui marque la naissance de mon père (qui, en 1921, dut être emmené pour son baptême en traîneau par une terrible tempête de neige, pas de "réchauffement" à l'époque) et le premier 'non-anniversaire" depuis sa mort, je vous dirai gentiment que l'altermondialisme à la José Bové me semble un phénomène aussi médiatique, et donc aussi faux, que l'écologisme excessif. La persistance de Ralph Nader, le défenseur des consommateurs, à rester candidat dans l'élection américaine si contestée qui vit George Bush et sa clique de Néocons prendre le pouvoir à Washington et dans une bonne partie du monde (ne nous leurrons pas sur l'indépendance des autres pays à l'égard de Washington!), a coûté la vie à Al Gore, un homme intelligent, même s'il manquait de charisme. José Bové, l'homme dont le titre de gloire est de démolir des McDo (est-ce qu'il a des gamins, José Bové? S'il en avait, il devrait apprécier les Mc Do...), de détruire des champs qui ne lui appartiennent pas (mais les idéologues ont cette remarquable capacité de croire que tout leur appartient), d'avoir une moustache (bof), de fumer la pipe (pas ce qu'il y a de mieux par les temps qui courent), et de se montrer (généralement au tout premier rang, pour être bien sur la photo) va donc pouvoir siphonner quelques votes qui, en bout de ligne, seraient peut-être utiles à l'un ou l'autre des candidat(e)s qui ont une chance de gagner, et ne veulent pas, tout simplement, se montrer et avoir leur photo (entre autres) dans Paris-Match.
Espérons que Ségolène, qui est intelligente, qui manque de charisme, ne connaîtra pas le sort d'Al Gore à cause du José Bové de service.
Un dernier mot sur l'écologiste Chirac, et la grand-messe de Paris à cet égard. Curieusement, en bout de mandat, les politiciens se disent: comment laisser ma trace dans l'histoire? et voilà qu'ils se donnent, soudain, un grand projet. Pour Chirac, c'est l'écologie, soudainement. Pour Pierre Elliott Trudeau, notre plus "iconique" premier ministre canadien, c'était, en bout de mandat, le désarmement nucléaire. Je travaillais alors avec Pierre Billon, romancier, scénariste et haut fonctionnaire...qui se rendait bien compte, mais sans pouvoir le dire, à quel point la "tournée des chefs" de Trudeau contre les armements nucléaires était plus de la façade, pour se faire voir, que de la réalité vraiment durable. Et pourtant.
Dans les luttes à long terme, chaque pas compte, chaque geste compte. C'est pourquoi je vais terminer ce blog pour aujourd'hui, éteindre mon ordinateur, et aller faire des crêpes avec de la farine d'épautre...
jeudi 1 février 2007
Promesses de politiciens...
À l'heure ou Vladimir Poutine promet des élections démocratiques en Russie, ou George Bush a mis de l'eau dans son vin, ou les candidats à l'élection présidentielle française promettent tout et n'importe quoi (après tout, ça ne coûte rien...), on apprend que l'enfant chéri de la droite canadienne, Stephen Harper, qui a fait reconnaître la "nation" québécoise au sein d'un Canada uni (c'est sympa, mais ça ne coûte rien...), écrivait aux membres du parti de l'Alliance Canadienne en 2002 (l'Alliance canadienne étant une sorte de fusion entre les lepénistes et les UMPistes, précurseure du Parti Conservateur actuellement au pouvoir (minoritaire, heureusement) qu'il fallait absolument liquider l'accord de Kyoto parce qu'il signifiait la mort du développement de l'industrie pétrolière et gazière, qui comme par hasard connaît ses développements les plus exceptionnels dans l'Ouest canadien, et en Alberta en particulier.
Suivez mon regard...Stephen Harper est député de l'Alberta, et la base du parti conservateur actuel (comme de l'Alliance Canadienne) est en Alberta et chez les riches supporters du parti dans ...l'industrie pétrolière et gazière. Les États-Unis ne s'y sont pas trompés, qui ont accueilli à bras ouverts à Washington les représentants de l'Alberta, et la "nouvellle frontière énergétique" que Stephen Harper nous propose pour les années à venir.
Oui, mais...plusieurs provinces de l'est canadien s'inquiètent de voir leur main d'oeuvre active partir en Alberta pour y travailler. Parfois la richesse est redistribuée, parfois, par contre, malgré les prix qui y sont de plus en plus élevés, les gens restent dans l'ouest. C'est déjà considéré comme un problème, et qui sera en particulier de plus en plus aigu dans les minorités comme la minorité acadienne en Nouvelle-Écosse (dont notre petite famille fait partie), dans la mesure ou la population vieillit et ne se renouvelle pas.
Simultanément, on apprend que la commissaire à l'environnement, Johanne Gélinas, qui avait été mise sur la touche depuis un moment par le gouvernement Harper, vient de se faire carrément mettre à la porte. Mauvais signe, alors que l'Alberta commence à s'inquiéter des immenses réservoirs d'eau usée, inutilisable et impossible à recycler, qui a servi à traiter les sables bitumineux pour en extraire un précieux pétrole destiné, de plus en plus, aux États-Unis et, en second lieu, à l'Europe.
Ségolène Royal, dont les conseillers semblent ignorer que le Canada ne se résume pas au Québec, et la politique québécoise au PQ (le Parti Québécois, au cas ou les Français auraient des doutes), devrait faire attention à la question des échanges franco-canadiens: si les Québécois massacrent les territoires du Nord pour en faire des barrages, et donc de l'électricité en masse (principalement pour les États-Unis, d'ailleurs), par contre, le pétrole...c'est en Alberta que àa se trouve. Et le PQ n'a guère d'audience là-bas...
Voici donc de bien mauvais signes. Un reportage récent de Radio-Canada nous indiquait clairement une volonté de faire passer la production de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta de 1 à 5 pour satisfaire la demande américaine. Dans le passé, c'était nos forêts qui y passaient pour les Américains. Et notre environnement...parce qu'on s'en foutait comme de l'an 40 (même avant l'an 40), de l'environnement. À Sydney, en Nouvelle-Écosse, on est pris avec une facture invraisemblable de nappes polluées qui sont là depuis des années, dont on savait qu'elles polluaient, et qu'on a laissé faire. Ce qu'on a trouvé comme solution, après des commissions d'enquête américaines ou canadiennes à n'en plus finir? Les enterrer. Bravo! Comme cela, tout pourra passer tranquillement dans le sol. Un peu comme chez moi: à force de mettre plein de sel pour faire fondre la neige, le ministère des transports de la province a réussi à polluer massivement mon puits. Les verres sont blancs de sel quand ils sortent du lave-vaisselle. À Sydney, ils seraient probablement noirs de goudron. Je devrais m'estimer heureux.
Les tenants du "libéralisme" (dans sa définition française, ce qui en fait plutôt des "conservateurs" pour ici) nous affirment que plus l'industrie est libre, mieux c'est. Il est vrai que c'est à l'industrie que l'on doit les merveilles du colonialisme (les colonies, ce sont des ressources faciles et pas chères) et de l'esclavage sous toutes ses formes (les esclaves, c'est de la main d'oeuvre facile et pas chère). En bout de ligne, cela nous a donné Hitler, le représentant de l'industrie allemande qui voulait absolument un empire colonial et une main d'oeuvre composée d'esclaves que l'on aurait renouvelé régulièrement jusqu'à extinction. Les multinationales sont probablement pleines de petits dictateurs, très bien payés, qui se foutent pas mal de l'environnement. Arrêtons donc de voter pour leurs valets, de quelque couleur qu'ils soient.
Ceci dit, je ne suis pas prêt de voter pour José Bové. Mais je vous dirai cela la prochaine fois...
Suivez mon regard...Stephen Harper est député de l'Alberta, et la base du parti conservateur actuel (comme de l'Alliance Canadienne) est en Alberta et chez les riches supporters du parti dans ...l'industrie pétrolière et gazière. Les États-Unis ne s'y sont pas trompés, qui ont accueilli à bras ouverts à Washington les représentants de l'Alberta, et la "nouvellle frontière énergétique" que Stephen Harper nous propose pour les années à venir.
Oui, mais...plusieurs provinces de l'est canadien s'inquiètent de voir leur main d'oeuvre active partir en Alberta pour y travailler. Parfois la richesse est redistribuée, parfois, par contre, malgré les prix qui y sont de plus en plus élevés, les gens restent dans l'ouest. C'est déjà considéré comme un problème, et qui sera en particulier de plus en plus aigu dans les minorités comme la minorité acadienne en Nouvelle-Écosse (dont notre petite famille fait partie), dans la mesure ou la population vieillit et ne se renouvelle pas.
Simultanément, on apprend que la commissaire à l'environnement, Johanne Gélinas, qui avait été mise sur la touche depuis un moment par le gouvernement Harper, vient de se faire carrément mettre à la porte. Mauvais signe, alors que l'Alberta commence à s'inquiéter des immenses réservoirs d'eau usée, inutilisable et impossible à recycler, qui a servi à traiter les sables bitumineux pour en extraire un précieux pétrole destiné, de plus en plus, aux États-Unis et, en second lieu, à l'Europe.
Ségolène Royal, dont les conseillers semblent ignorer que le Canada ne se résume pas au Québec, et la politique québécoise au PQ (le Parti Québécois, au cas ou les Français auraient des doutes), devrait faire attention à la question des échanges franco-canadiens: si les Québécois massacrent les territoires du Nord pour en faire des barrages, et donc de l'électricité en masse (principalement pour les États-Unis, d'ailleurs), par contre, le pétrole...c'est en Alberta que àa se trouve. Et le PQ n'a guère d'audience là-bas...
Voici donc de bien mauvais signes. Un reportage récent de Radio-Canada nous indiquait clairement une volonté de faire passer la production de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta de 1 à 5 pour satisfaire la demande américaine. Dans le passé, c'était nos forêts qui y passaient pour les Américains. Et notre environnement...parce qu'on s'en foutait comme de l'an 40 (même avant l'an 40), de l'environnement. À Sydney, en Nouvelle-Écosse, on est pris avec une facture invraisemblable de nappes polluées qui sont là depuis des années, dont on savait qu'elles polluaient, et qu'on a laissé faire. Ce qu'on a trouvé comme solution, après des commissions d'enquête américaines ou canadiennes à n'en plus finir? Les enterrer. Bravo! Comme cela, tout pourra passer tranquillement dans le sol. Un peu comme chez moi: à force de mettre plein de sel pour faire fondre la neige, le ministère des transports de la province a réussi à polluer massivement mon puits. Les verres sont blancs de sel quand ils sortent du lave-vaisselle. À Sydney, ils seraient probablement noirs de goudron. Je devrais m'estimer heureux.
Les tenants du "libéralisme" (dans sa définition française, ce qui en fait plutôt des "conservateurs" pour ici) nous affirment que plus l'industrie est libre, mieux c'est. Il est vrai que c'est à l'industrie que l'on doit les merveilles du colonialisme (les colonies, ce sont des ressources faciles et pas chères) et de l'esclavage sous toutes ses formes (les esclaves, c'est de la main d'oeuvre facile et pas chère). En bout de ligne, cela nous a donné Hitler, le représentant de l'industrie allemande qui voulait absolument un empire colonial et une main d'oeuvre composée d'esclaves que l'on aurait renouvelé régulièrement jusqu'à extinction. Les multinationales sont probablement pleines de petits dictateurs, très bien payés, qui se foutent pas mal de l'environnement. Arrêtons donc de voter pour leurs valets, de quelque couleur qu'ils soient.
Ceci dit, je ne suis pas prêt de voter pour José Bové. Mais je vous dirai cela la prochaine fois...
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